La Cosumar lance un projet de développement propre dans le cadre du crédit carbone

Il permettra au raffineur de sucre de réduire ses émissions de gaz à  effet de serre tout en économisant sa consommation de charbon.
Le projet devrait lui rapporter 4,5 MDH par an sur une durée de 21 ans.

Le Maroc se met de plus en plus à l’économie verte. Le Royaume vient en effet de valider auprès des Nations Unies son cinquième projet de réduction de gaz à effet de serre, ce qui fait de lui le second pays (après l’Afrique du Sud) d’Afrique et du Moyen-Orient en nombre de projets relatifs aux mécanismes de développement propre et au crédit carbone. Signalons d’abord que le crédit carbone est un mécanisme économique et financier qui vise à récompenser les pays n’ayant pas atteint leur quota d’émission de carbone et qui se lancent dans des projets de réduction desdites émissions.
Et c’est la Cosumar, conseillée par la société Ecosecurities, qui bénéficiera dudit projet permettant au Maroc d’augmenter son potentiel annuel pour atteindre 287 447 tonnes de crédit carbone.

Seulement quatre projets lancés dans le pays
Le nouveau projet permettra la valorisation des restes de la bagasse (résidu fibreux) de la canne à sucre par le groupe Cosumar. Le projet devrait entraîner une réduction des émissions en gaz à effet de serre d’environ 31 000 tonnes de carbone par an sur une durée de 21 ans. Outre son indéniable avantage écologique, ce processus permettra au sucrier de faire des économies puisqu’il utilisera la bagasse qui était simplement jetée comme combustible au lieu du charbon.
Ce projet permettra également à Cosumar de vendre des crédits carbone dégagés par ce projet sur toute la période d’exploitation soit environ 31 000 tonnes de crédit par année, selon Ali Agoumi, représentant de la société Ecosecurities au Maghreb et expert en changements climatiques et en crédit carbone. Sur le plan international, la ruée sur le crédit carbone affole les marchés et la tonne de crédit carbone compte aujourd’hui jusqu’à 13,5 euros, soit environ 150 DH.
Pour ne citer qu’un seul exemple : le projet de Cosumar pourrait lui rapporter plus de 4,5 MDH par année sur une durée de 21 ans.
Au Maroc, quatre projets seulement ont déjà commencé à générer des fonds de crédit carbone pour leurs promoteurs. Les deux premiers projets appartiennent à l’ONE qui reste le plus gros opérateur du secteur au Maroc (parc éolien d’Essaouira et le projet de production de kits photovoltaîques). Les deux autres projets appartiennent respectivement au cimentier Lafarge (parc éolien à Tétouan visant plus de
28 000 tonnes de carbone par an sur 21 ans) et à l’Agence d’aménagement de Bouregreg qui a démarré une unité de récupération et du biogaz issu de la fermentation des ordures dans la décharge de Oulja, près de Rabat. Outre les projets déjà enregistrés, le Maroc dispose d’un portefeuille d’une cinquantaine d’autres projets éligibles.