La consommation d’électricité s’envole : +8.4% en 2011 contre 4.2% en 2009

Le taux de progression de la consommation d’électricité renoue avec les niveaux élevés des années 2003-2006. Il est corrélé aux taux de croissance du PIB non agricole.

Cela n’est pas arrivé depuis 2006 : avec 28 750 GWH, le taux de croissance de la consommation d’électricité a été de 8,4% au terme de l’année 2011. C’est pour le moins une demande assez forte qui reflète la reprise des activités non agricoles en 2011, dont les taux de progression trimestrielle se sont tous situés au delà de 4% en terme réel. Avec une croissance économique en 2011 qui pourrait se situer aux alentours de 6% en terme courant (en valeur), cette hausse de la consommation de l’électricité trouverait son explication. L’exemple de 2009 est frappant à cet égard : malgré la hausse du PIB de 4,8% en terme réel et de 6,3% en terme courant, la consommation d’électricité, elle, n’a progressé que de 4,2%, soit un niveau jamais enregistré depuis 1996 (voir graphe). C’est qu’en 2009, la croissance économique avait été portée presque exclusivement par le secteur primaire, agricole en particulier, où la consommation d’électricité n’est pas significative. Le secteur secondaire, qui comprend l’industrie dans ses différentes branches ainsi que le BTP, donc gros consommateur d’énergie, avait en revanche enregistré une baisse de 4,7%. Et si le PIB non agricole a pu croître de 1,4%, c’était uniquement grâce aux activités du secteur tertiaire (+3,9).

Le développement de bâtiments en verre a fait exploser les ventes de climatiseurs

A la bonne tenue des activités non agricoles en 2011, il faut bien sûr ajouter la consommation des ménages, laquelle est, en plus, moins affectée par la conjoncture internationale que les agents productifs. Et cette consommation domestique provient d’au moins trois sources : l’amélioration du taux de pénétration des équipements ménagers, la progression des ventes de logements et le quasi-achèvement du Programme d’électrification rurale globale (Perg).
Outre l’amélioration progressive des conditions de vie, induisant davantage de consommation d’électricité, il y a lieu de signaler également les gaspillages générés par l’utilisation d’équipements non adaptés ou énergivores ; et cela est valable aussi bien dans les foyers, qu’a fortiori dans l’industrie et même dans les services. Le développement de bâtiments en verre, notamment les sièges de sociétés, dans un pays semi-aride, a pour sa part fait exploser les ventes de climatiseurs.