La consommation d’électricité augmente de 10%, alors que l’économie est en berne

La consommation d’électricité est faiblement corrélée à  la croissance du PIB qui n’atteint que 2.2% au premier trimestre. La sécheresse favorise le pompage agricole et l’usage de la climatisation.

La consommation d’électricité augmente de façon soutenue depuis plusieurs années : près de 7% en moyenne annuelle depuis 2003. En effet, si on exclut la forte baisse de régime de 2009, avec une hausse de seulement 3,4%, soit la plus faible depuis 1997, les ventes d’électricité évoluent dans une fourchette se situant entre 6% et 8%. Mais sur les quatre premiers mois de 2012, les ventes d’électricité ont progressé plus fortement : +10% par rapport à la même période en 2011.

Ces niveaux de hausse de la consommation d’électricité correspondent-ils à ceux de la croissance économique ? Autrement dit, y a-t-il une corrélation entre les deux grandeurs ? Certainement oui, mais la corrélation paraît faible puisque, bien souvent, un gap important sépare les deux variables. Ce gap se rétrécit quelque peu lorsqu’on compare les ventes d’électricité à la croissance non agricole, car c’est celle-ci qui reflète le mieux l’état de l’activité économique, mais il reste tout de même important.

La consommation du secteur agricole a fortement augmenté

Au premier trimestre de cette année, par exemple, le PIB global a augmenté de 2,2% et le PIB non agricole de 4,3%. Au même moment, les ventes d’électricité ont, elles, réalisé une croissance à deux chiffres : +12%. Comment expliquer une telle évolution ? Il semble bien qu’au Maroc, le climat est un facteur qui influe grandement sur la demande d’électricité. «Lorsque les précipitations sont insuffisantes, le pompage agricole fonctionne à fond, ce qui conduit à un niveau de consommation élevé. Ajoutez à cela le fait que, le Maroc étant un pays semi-aride, les périodes de chaleur sont marquées par un usage intensif de la climatisation, en particulier depuis quelques années», analyse un professionnel du secteur.

Cette analyse semble corroborée par le constat, établi à partir des données de l’Office national de l’électricité (ONE), que la consommation agricole a fortement progressé en 2011 : 7,1% au lieu de 5,5% un an auparavant. De même, les secteurs administratif, résidentiel et tertiaire, du moins ceux alimentés par l’opérateur historique, ont connu des niveaux de consommation très élevés en 2011 par exemple : 11,3%, 9,4% et 8,8% respectivement. La demande industrielle également a été très importante (+13,2%).

Ainsi, c’est la combinaison des effets du climat et l’activité économique qui semblent à l’origine des hausses élevées de la consommation d’électricité ; sans oublier bien sûr l’amélioration constante du taux d’équipement des ménages, consécutivement à la forte urbanisation que connaît le pays.