La consommation d’électricité a augmenté de 4,2% seulement en 2009, contre une moyenne de 7% auparavant

L’énergie électrique nette appelée avait progressé de 6,1% en 2008 et 7,1% en 2007.
La courbe de consommation a suivi l’évolution de la crise.
Une reprise a été amorcée durant les derniers mois de 2009.

C’est un indicateur que la crise a bien frappé : la consommation d’électricité au Maroc, en 2009, a rompu avec le cycle de progression longtemps supérieur à 6% et qui avait même atteint entre 2003 et 2007 une moyenne annuelle de 7 à 8%, incitant à penser que le rythme de progression de la demande s’était durablement installé dans cette fourchette.
Après une baisse de rythme en 2008 (+ 6,1%) par rapport à 2007 (+ 7,1%), voici que, en 2009, et selon les données encore provisoires du ministère de l’énergie et des mines, la progression de l’énergie nette appelée a franchi à la baisse la barre psychologique des 5%, en s’établissant à 4,2%. Ce sont en effet près de 25 000 GWh qui ont été appelés durant l’année qui vient de s’écouler, contre 24 000 en 2008.
Si cette petite progression était, d’une certaine manière, de nature à soulager le producteur de la pression qui s’est exercée sur lui ces dernières années, elle met, cependant, clairement en évidence l’impact de la crise économique. Les données par secteur, par type d’activité et même par région, encore indisponibles, auraient sans doute permis de cerner avec quelque précision ceux qui, ménages ou entreprises, ont dû réduire leur consommation.

Des baisses durant le froid et la canicule !

Il est frappant, à cet égard, de constater que l’évolution de la consommation a correspondu presque parfaitement avec l’évolution de la crise économique. L’observation mensuelle de l’énergie électrique appelée laisse voir en effet que le processus de baisse de rythme a commencé en octobre 2008, soit le moment où l’ampleur de la crise financière et économique internationale avait été révélée. Brusquement, de 6,1% en septembre 2008, la hausse n’a été que de 1% en octobre. Le mois suivant, on a même enregistré un résultat négatif avec – 0,6%. Alors qu’habituellement en décembre, janvier et février, période de froid, la consommation augmente, durant ces trois mois, la hausse n’a été que de 3,1% en décembre 2008, 3,2% en janvier 2009 (contre +6,3% en janvier 2008) et -3,7% en février (contre +10,7% au même mois de 2008). Même au printemps, le rythme baissier a continué avec -0,8% et
-0,9% en mars et avril, contre respectivement +5,7% et 12,4% durant les mêmes mois de 2008. Fait encore plus étonnant, les mois de juillet et août, période de recours intense à la climatisation, ont enregistré des augmentations moindres (+5,9% et +6,3% respectivement) par rapport au passé.
Et, cependant, avec les perspectives de sortie de crise qui se dessinent, la consommation semble avoir repris de la vigueur. Après 0,3% en septembre dernier, l’énergie électrique appelée a bondi à 12,6% en octobre et à 8,5% et 7,6% pour les deux derniers mois de l’année.
Ce recul significatif de la consommation tombe au moment où, paradoxalement, le Maroc est à l’aise ! L’opérateur historique, l’Office national de l’électricité (ONE), jusque-là contraint à chaque fois de recourir à l’importation chez  les voisins ibériques pour satisfaire la demande, est désormais à l’aise avec des barrages bien remplis. L’hydroélectricité, après une baisse drastique de sa part dans la production de l’électricité, a repris sa place, permettant à l’ONE de la substituer aux importations. Celles-ci ont d’ailleurs baissé alors qu’elles pouvaient représenter jusqu’à près de 20% de l’énergie électrique appelée (comme en 2007 ou 2008). Mais avec la reprise, cela peut servir, en attendant la mise en service des unités  5 et 6 de la centrale à charbon de Jorf Lasfer, reprise en mai dernier par la société émiratie Taqa au consortium américano-helvético-suédois, ABB/CMS.