La conserverie risque de perdre des millions de DH

Outre le fait que les approvisionnements de l’industrie de la conserve sont menacés pour les années à venir en raison de la destruction en cours du stock, le secteur subit des pertes potentielles de plusieurs centaines de millions de DH. Les opérateurs de cette branche rappellent leur proposition d’accorder l’accès à la ressource aux industriels pour des considérations non pas seulement biologiques mais également d’ordre commercial. «Nous souhaitons maîtriser une partie de nos approvisionnements. Si le ministère ouvre cette brèche, nous allons participer par ailleurs à la mise à niveau de la pêche côtière puisque nous allons nous équiper en bateaux RSW qui permettent une meilleure autonomie en mer et garantissent l’hygiène des captures», explique Mohamed El Jamali, président de l’Union nationale des industries de la conserve de poisson (UNICOP). Selon ce dernier, la capacité de traitement de son secteur peut passer de 300 000 tonnes aujourd’hui à 500 000 tonnes par an, ce qui permettrait d’absorber tout le surplus de sardines aujourd’hui en mer. A cela il faut ajouter les retombées socio-économiques. Le chiffre d’affaires additionnel de la filière, pour seulement 100 000 tonnes de plus, serait de près de 800 MDH et les salaires distribués à l’occasion de cette nouvelle capacité de production pourraient atteindre, selon le président de l’UNICOP, 100 MDH. Le ministre, quant à lui, a saisi l’occasion du dîner-débat organisé par «La Vie éco» (voir article en p. 18) pour préciser que les demandes de licences déposées sur son bureau par les industriels sont au nombre de cinq. «Il faut également prendre en considération les conséquences de l’octroi de ces licences», note Mohand Laenser. N’empêche que le problème du stock persiste et la déclaration du ministre n’apporte aucun élément de réponse convaincant