La Confédération de l’agriculture se lance

Elle appelle à l’ouverture d’un débat sérieux sur le secteur agricole.
De multiples rencontres avec les autorités pour présenter une
feuille de route.

Après à peine quelques mois d’existence, puisque créée en avril 2006, la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader) semble déjà apporter du sang neuf au secteur. Son bureau multiplie depuis le mois d’avril les rencontres avec les pouvoirs publics, ministère de l’agriculture en tête, et les acteurs majeurs du secteur. Le dernier en date était le PDG du Crédit Agricole, Tariq Sijilmassi, que le bureau de la Comader a rencontré le mardi 10 octobre. Objectif de la réunion : signer une convention de partenariat pour enclencher une réflexion collective sur les moyens de moderniser l’agriculture. Mais les responsables de la Comader ne sont pas allés à cette réunion les mains vides. En effet, tout comme il l’avaient fait avec le ministre de l’agriculture, Mohand Laenser, ils en ont profité pour exposer leur vision du secteur et surtout des solutions pour sa mise à niveau.

Comme l’explique justement Ahmed Ouayach, président de la Comader, la mise à niveau de l’agriculture marocaine est un chantier vital que, «malheureusement, beaucoup de gouvernements n’ont pas eu le courage d’ouvrir». Aujourd’hui, pour lui, la modernisation s’impose d’elle-même car «le Maroc a deux grands rendez-vous qu’il ne devra pas rater». D’une part, l’ouverture des frontières et l’entrée en vigueur des accords de libre-échange notamment avec l’Union européenne, les pays arabes et les Etats-Unis et, d’autre part, l’expiration en 2010 de l’exonération fiscale pour le secteur.

Concernant le premier point, le président de la Comader, à l’instar d’ailleurs de tous les membres de la confédération, soutient d’emblée la dynamique d’ouverture mais relève l’incapacité de l’agriculture marocaine à faire face à la concurrence étrangère, du moins dans l’état actuel des choses. Quant au second volet, celui de la fiscalité agricole, on mettra à l’actif de la Comader le courage de vouloir ouvrir un dossier éminemment politique. Mais pour commencer, les membres de la Comader ne prétendent pas posséder la portion magique et ne veulent pas, de toutes les manières, se disperser. Pour eux, il s’agit davantage, dans l’immédiat, de se focaliser sur trois dossiers qu’ils jugent urgents. D’abord, ouvrir de manière sérieuse le débat sur le devenir du secteur et les choix stratégiques à faire. Ensuite, la fédération, l’encadrement et l’organisation des agriculteurs. Et enfin, l’intensification de la recherche et développement dans les activités agricoles. Joli programme en vue. Encore faut-il qu’il y ait du répondant du côté de l’administration et surtout du gouvernement.