La compétitivité du Maroc à  l’export s’érode

En 2012, le Maroc a perdu 0.1 point de part du marché dans l’Union européenne, la Turquie a amélioré la sienne de 0.3 point, l’à‰gypte de 0.09 point et la Chine de plus de 5 points. Les pertes de parts de marché concernent certains produits agricoles, certains produits de la mer, et les articles en textile.

Le creusement du déficit commercial du Maroc avec la plupart de ses partenaires témoigne des difficultés auxquelles fait face l’offre exportable pour qu’elle trouve preneur sur le marché international. En 2012, pour des importations de l’ordre de 382 milliards de DH, les exportations n’ont pas dépassé 183 milliards, soit un déficit commercial de près de 200 milliards ou un taux de couverture d’à peine 48%.

Face à ce déficit record, les recettes pour doper la compétitivité de l’offre marocaine semblent vouées à l’échec. Effectivement, au moment où les pays concurrents ont amélioré leur part de marché au niveau mondial, celle du Maroc a enregistré une baisse en 2012 pour s’établir à 0,112%, alors qu’elle était stable depuis 2000. Trop faible au regard des ambitions affichées par les pouvoirs publics et les opérateurs économiques.

Plus alarmant encore, le Royaume perd du terrain sur son marché de prédilection qu’est l’Union Européenne, principal partenaire commercial du pays. Sa part de marché y a reculé de 0,1 point, à 0,5%, alors que celle de la Turquie s’apprécie de 0,3 point, passant de 0,4% à 0,7%, et celle de l’Égypte de 0,09 point.
D’autres pays émergents ont aussi amélioré leur performance commerciale au niveau de cette région. C’est le cas en particulier de l’Inde dont la part est passée de 0,7% à 1,6%, et surtout de la Chine qui a presque doublé ses parts, passant d’environ 5% à 10,4%.

Seulement 17% de la production nationale destinés à l’export

D’autre part, l’effort à l’exportation du Maroc, qui correspond à la part de la production nationale destinée à l’export, se stabilise autour de 17%. Il reste faible par rapport à ceux affichés par la Tunisie ou la Jordanie, ou par certains pays émergents, principalement d’Asie du Sud.

L’effort de diversification des marchés est pourtant concluant

D’autres causes sont mises en exergue. D’après les conclusions de la Direction des études et des prévisions financières obtenues sur la base d’un portefeuille des vingt principaux groupes de produits exportés par le Maroc, comparant la croissance de nos exportations avec la dynamique de la demande mondiale, la compétitivité du Maroc s’est érodée sur un ensemble de produits non performants. «Ce sont des produits caractérisés à la fois par une forte croissance du commerce international et des pertes de parts de marché pour le Maroc en raison de la forte concurrence sur le marché», expliquent les experts de la DEPF. Dans ce groupe, le Maroc a perdu des parts de marché pour des produits dont la demande mondiale est pourtant croissante. Il s’agit en particulier de certains produits agricoles (-10%), comme les légumes et fruits, ainsi que de certains produits de la mer, tels que les poissons (-12%), et les produits en textile pour hommes hors bonneterie dont les ventes ont accusé une baisse d’environ 20%.

Toutefois, quelques points de part de marché ont été grignotés sur des articles dits «champions», qui correspondent à des produits dynamiques caractérisés à la fois par une forte croissance du commerce international et des gains de parts de marché pour le Maroc. L’on retrouve dans cette liste les équipements pour la distribution d’électricité dont les ventes ont progressé d’environ 2%, les produits chimiques inorganiques (+5%) , les engrais (+17%) ainsi que les déchets de métaux communs non ferreux dont la part de marché a augmenté de 29% même si le taux de croissance de la demande mondiale adressée aux déchets ne dépasse pas les 5% par an.
Cela dit, si les exportations marocaines sont toujours caractérisées par une offre concentrée sur quelques produits, un niveau de diversification des marchés d’exportation inférieur à celui des pays concurrents et une faible teneur en technologie, le Maroc diversifie tant bien que mal ses débouchés. Preuve en est le poids des pays hors Union Européenne dans les exportations marocaines qui a considérablement augmenté, passant de 24,3% en 2000 à 42,5% en 2012.