La CNSS va déléguer la gestion de ses polycliniques dès 2007

La loi relative à l’AMO lui accorde une période de transition de trois ans mais la caisse compte s’en limiter à deux

Un appel d’offres international pour le choix du délégataire sera lancé en juin 2006.

La CNSS (Caisse nationale de sécurité sociale) se prépare à déléguer la gestion de ses polycliniques. Conformément à la loi 65-00 relative à l’Assurance maladie obligatoire, elle ne pourra continuer à les gérer en propre, plus de trois ans après l’entrée en vigueur de la nouvelle loi.
En attendant, c’est le Pôle des unités médicales, rattaché à la direction générale, qui continuera à assurer la mission. Cependant, à la caisse, on compte activer la procédure – déjà entamée – afin que le transfert soit concrétisé dès janvier 2007 au lieu de janvier 2008. A ce titre, elle a passé, en novembre 2004, un contrat avec un cabinet conseil qui l’aide à préparer le dossier. «La démarche comprend trois phases : le cadrage des objectifs de la délégation de gestion, la définition des choix stratégiques et l’établissement du cahier des charges», indique Chakib Tazi, directeur du Pôle des unités médicales. Les conclusions du cabinet conseil seront validées par le conseil d’administration de la CNSS, à l’issue de ces trois phases qui devront être bouclées en juin 2006. Suivra le lancement d’un appel d’offres international pour le choix du délégataire. Si les délais sont respectés, le nouveau gestionnaire entrera en lice dès janvier 2007.

Le chiffre d’affaires 2004 est en hausse de 14%
C’est d’ailleurs dans la perspective d’une gestion déléguée que la caisse avait entamé, dès janvier 2002, un programme de mise à niveau des 13 unités médicales pour les tirer d’une situation financière délicate. Depuis, il a été en effet procédé à la spécialisation de certaines polycliniques, érigées désormais en pôle médical d’excellence, et à la rationalisation des charges de fonctionnement. «Nous avons procédé à une mise en réseau des 13 unités afin de créer une synergie à tous les niveaux. A titre d’exemple, un comité du médicament est aujourd’hui chargé d’effectuer les achats pour toutes les unités», explique-t-on à la direction du Pôle des unités médicales. Le même schéma a été adopté pour la restauration (Eurest est l’unique fournisseur des polycliniques) et les procédures sont en cours pour les services de buanderie.
Ce programme de mise à niveau s’est traduit par une réduction du déficit. Stagnant à 400 MDH depuis plusieurs années, il est passé à 316 millions en 2002, avant de tomber à 210 millions en 2004 et ce en dépit d’un manque à gagner de 67 millions de DH sur le chiffre d’affaires, engendré par la décision prise depuis janvier 2003 de réduire de 50 % le prix des soins facturés aux assurés sociaux. Cela n’a pas empêché ses ventes de grimper de 280 MDH en 2003 à 320 millions prévus pour 2004, soit une hausse de 14 %. Sur la même période, le nombre de patients accueillis par les 13 unités de soins est passé de 677 000 à 720 000.