La CIMR rassure quant à  sa viabilité

Selon le DG, le régime est pleinement équilibré jusqu’en
2010 et la pérennité du système acquise, selon toutes les
simulations n Il estime cependant que l’affiliation à la Caisse devrait
être obligatoire.

Quelle place occupera la CIMR dans le futur système des retraites ? Pour Khalid Cheddadi, le nouveau patron de la caisse, «le système de retraites doit être organisé, pour les salariés du secteur privé, autour de deux piliers. Tous deux obligatoires». Une retraite de base gérée par la Caisse nationale de sécurité sociale, selon le principe de la solidarité et un régime complémentaire, obligatoire lui aussi, basé sur le principe de la mutualisation. «La solidarité se traduirait par la mise en place d’un revenu minimum de vieillesse qui permettrait aux personnes qui n’ont pas suffisamment cotisé de bénéficier, sous certaines conditions, notamment une durée minimale de travail, d’une pension. Alors que la mutualisation sous-entend la notion d’équité puisque chaque affilié doit, en moyenne, recevoir en prestations, une fois retraité, l’équivalent de ce qu’il a versé en cotisations», explique le DG de la CIMR. Par ailleurs, il envisage la possibilité d’une retraite complémentaire contractée par l’affilié auprès d’une compagnie d’assurance de son choix.
Le succès d’un tel système de retraite est, bien entendu, précise la direction générale de la CIMR, lié à la coordination des organismes de retraite. Une coordination qui fait aujourd’hui défaut et qui explique, dans une certaine mesure, le manque d’efficacité et surtout la faiblesse du taux de remplacement (rapport entre la pension de retraite et le salaire). Citons à titre d’exemple le cas d’un salarié qui ne cotise qu’à la CNSS avec un plafond de 6 000 DH, son taux de remplacement se situe autour de 20 à 30 %. Alors que s’il disposait à la fois de la CIMR et de la CNSS, ce taux grimperait à 70 ou 80 %.

La réserve de prévoyance sera de 20 milliards de DH en 2040
Au-delà de cette vision de la réforme, il est utile de s’interroger sur la capacité de la CIMR à jouer le rôle attendu d’elle. Autrement dit, ce régime facultatif, appelé à devenir obligatoire, est-il viable ? M.Cheddadi se veut rassurant: «Le régime est pleinement équilibré jusqu’en 2010 et toutes les simulations établies dans le cadre de la réforme de 2003 ont permis de vérifier que la pérennité du système est acquise». Les simulations faites à l’horizon 2040 établissent, selon les responsables de la CIMR, que «deux règles importantes seront respectées, à savoir l’équilibre de la réserve de prévoyance, puisque celle-ci aura toujours une tendance positive, et dans un deuxième temps, cette tendance sera croissante et se poursuivra jusqu’en 2040».
Selon les projections de la caisse, la réserve de prévoyance sera de l’ordre de 20 milliards de DH en 2040. Autrement dit, la caisse disposera toujours de fonds pour verser les rentes. Aujourd’hui, on nous apprend que les recettes techniques de la CIMR s’élèvent à 2,5 milliards de dirhams pour des dépenses de l’ordre de 1,5 milliard de DH.
Quoi qu’il en soit, la sauvegarde de l’équilibre de ce régime sera l’aboutissement de la réforme progressive, entrée en vigueur en janvier 2003, qui se poursuivra jusqu’en 2008.
Ce projet implique les adhérents, les affiliés cotisants ainsi que les retraités. Parmi les mesures prévues, rappelons les plus importantes qui sont aujourd’hui en vigueur : la gestion des cotisations salariales autrefois confiées aux compagnies d’assurance et la baisse progressive de la générosité du régime en vue de ramener le rendement à 10% en 2011