La cherté du gasoil fait flamber les prix du poisson

La sole à  75 DH, le merlan à  60 DH et les crevettes décortiquées à  120 DH !
Les pêcheurs ont réduit leurs sorties et les quantités disponibles sont quatre fois moindres qu’il y a un an.

En ce mois de Ramadan, les prix du poisson se sont envolés. Le kilogramme de sole, pour ne citer que ce poisson, a vite culminé à  80 à  85 DH. Lundi 2 septembre, petite virée au marché central de Casablanca, o๠les marchands sont comme des poissons dans l’eau quand il s’agit de marchandage. La sole, toujours elle, se vendait, selon la qualité, entre 60 et 75 DH. Le merlan, lui, affichait 60 DH, encore élevé, mais toutefois en baisse par rapport à  la veille du Ramadan o๠il affichait 85 DH. Enfin, le kilogramme de crevettes décortiquées dépassait les 120 DH.
Les raisons de cette flambée sont diverses. Il y a, d’abord, chez le jeûneur, le désir de varier son menu, et le prix de la viande étant autour de 70 DH, on se tourne vers le poisson pour manger différent mais moins cher. Or, la forte demande augmente le prix.
La mercuriale du 24 au 25 septembre (coà¯ncidant avec le début du Ramadan) communiquée par l’ONP (Office national des Pêches) révèle que le kilo de crevette rose était vendu à  38,31 DH contre 41,86 durant la même période de l’année dernière. En revanche, le merlan (en réalité du merlu) se négociait à  36 DH le kilo contre 20 DH une année plus tôt, et le prix de la sole est passée de 22,84 DH/kg à  40,82. Bien évidemment, ce sont des prix de gros, mais révélateur de la hausse.

4,7 tonnes de merlan seulement au lieu de 15,6 t

Mais, outre cette hausse conjoncturelle des prix – elle ne se maintient que durant les deux premières semaines de Ramadan avant un retour à  la normale -, on doit remarquer que les prix des produits de la mer, plus que beaucoup d’autres produits de consommation courante, connaissent, à  leur tour, des variations dues aux changements climatiques et à  la disponibilité ou non de la ressource en mer. Cette année, la cherté du gasoil notamment a contraint les pêcheurs à  réduire à  la fois le nombre de sorties en mer, leur durée et même l’étendue de la zone de pêche couverte. Il s’en est suivi une baisse des captures. La preuve: pour le calamar, par exemple, les quantités vendues à  la halle de Casablanca les 24 et 25 septembre de cette année se sont élevées à  250 kg contre un peu plus d’une tonne l’année dernière. Pour le merlu, ces mêmes quantités sont passées de 15,6 tonnes à  4,7. Pour la sole, 3,35 tonnes ont été traitées, au lieu de 5,6 tonnes une année auparavant. C’est dire que Ramadan n’y est pas pour grand-chose !