La chasse aux idées reçues

L’esprit de corps. On le leur reproche et on le leur envie en même temps. La solidarité entre les membres de la même formation est un principe inculqué aux ingénieurs durant leur cursus. S’ils partagent le même schéma de pensée, ils préfèrent disposer d’un interlocuteur usant du même langage. Notons aussi, qu’a priori, les ingénieurs sont jugés plus doués que les autres cadres qui auraient étudié pendant le même nombre d’années, compte tenu de leur cursus académique. Mais il faut savoir que «le succès scolaire ne peut être, à lui seul, un gage de réussite professionnelle. Vous retrouverez plusieurs ingénieurs qui ont échoué en tant que managers», commente Mounir Chraïbi, directeur général de la CNSS.
Une autre idée reçue, et qui est sans fondement : les étudiants ingénieurs, inscrits dans des écoles étrangères, sont des privilégiés. La généralisation de cette affirmation est difficile. Plusieurs d’entre eux, aujourd’hui à des postes élevés, viennent de milieux modestes et ont bénéficié d’un accompagnement de l’Etat à travers les bourses au cours des années 1960, 1970 et 1980. « Accéder aux grandes écoles françaises n’est pas une partie de plaisir. Pour y accéder il faut réussir le concours général, en tant qu’étranger, avec une moyenne au moins supérieure à celle du dernier des Français sur la liste des admis», explique cet ancien de l’Ecole nationale des Ponts et chaussées de Paris