La chaîne Farah cherche à  sortir du rouge

L’hôtel de Kénitra a été cédé

Farah Maghreb envisage sérieusement de confier la gestion de l’hôtel Farah Casablanca à un professionnel étranger de renom.

Après une année 2003 marquée par les attentats du 16 mai, la chaîne hôtelière Farah vit l’exercice en cours sous le signe d’une profonde restructuration. En effet, Farah Maghreb, propriétaire de Farah Casablanca (quatre étoiles) et de Farah Kénitra (trois étoiles, cédé fin 2003), est en passe d’augmenter son capital dans le droit fil de plusieurs actions d’ordre stratégique déployées dès le deuxième semestre de l’année écoulée. Principal objectif : arrêter l’hémorragie qui affecte la société depuis plusieurs années.
Rappelons que Farah Maghreb, contrôlée par le CMKD (Consortium maroco-koweitien de développement), holding lui-même détenu en majorité par le Kuweit Investment Authority, avait cumulé des pertes importantes des années durant. En 2002, la chaîne dut même se résigner à ramener son capital de 460 MDH à 11 MDH pour ne pas être en porte-à-faux vis-à-vis de la loi sur les sociétés anonymes. Mais, en 2003, l’impact des attentats terroristes de Casablanca a balayé ses espoirs de remise à flot. C’est ainsi qu’à l’issue de cette année, le taux d’occupation des chambres de son unité phare, Farah Casablanca, avait sensiblement baissé, entraînant dans son sillage le chiffre d’affaires. Ce qui s’est traduit par un résultat d’exploitation négatif.

Le capital sera augmenté par incorporation d’un écart de réévaluation
Dans ce contexte, les dirigeants ont décidé de procéder à une réévaluation de l’actif, technique comptable qui permet à une société d’inscrire les plus-values nettes latentes de ses biens dans les capitaux propres et d’améliorer au passage ses ratios bilantiels. C’est ainsi que les fonds propres 2003 ont été rehaussés par un écart de réévaluation de 168 MDH qui a largement compensé le déficit accusé de 2 MDH. Par ailleurs, l’hôtel Farah Kénitra qui a cumulé plusieurs années de perte a été cédé.
Farah Maghreb veut ainsi se focaliser sur le redressement de l’unité casablancaise après avoir consacré un budget conséquent à la réparation des dégâts causés par les attentats, à l’indemnisation des familles des victimes employées de l’hôtel et à la rénovation de quelques équipements. C’est justement dans cette optique, qu’il a été décidé d’accroître le capital par incorporation de l’écart de réévaluation.
De même que la piste qui consiste à confier la gestion de l’hôtel à un professionnel étranger de renom est sérieusement envisagée depuis quelques mois. Mais l’amère et éphémère expérience du partenariat conclu en 2001 entre l’espagnol Sol Melia et l’autre chaîne du CMKD, la société Siaha qui détient un hôtel à Marrakech et un autre à Rabat, incite les dirigeants à être plus prudents dans le choix d’un éventuel partenaire.
En attendant, l’hôtel Farah Casablanca devra au moins retrouver son taux d’occupation de 2002 (60 %) afin de redresser sa rentabilité en berne. La reprise significative du tourisme d’affaires relevée au cours des premiers de l’année 2004 est de bon augure

La reprise du tourisme d’affaires relevée au cours des premiers de l’année 2004 est de bon augure pour le Farah Casablanca.