La CGEM Souss Massa veut plus d’autonomie et de moyens

Les membres de l’antenne régionale mobilisés pour une approche participative régionale de développement. Ils défendent l’idée de la parité entre public et privé au sein des commissions régionales unifiées dans la future mouture des CRI.

Pas de vacances pour les membres du bureau de la CGEM Souss Massa. En cette période estivale, l’heure est plutôt à la réflexion au siège de l’entité à Agadir. Déconcentration administrative, dialogue social, réforme des CRI, charte de l’investissement, accès aux financements, problématique de l’eau, sont autant de questions, en liaison avec le tout dernier discours Royal, qui étaient à l’ordre du jour de la réunion des représentants de la CGEM Souss Massa. C’était jeudi dernier dans l’après-midi.

Motivés par les grands chantiers en perspective, les acteurs économiques du Souss Massa prônent encore et encore une véritable approche participative régionale de développement. La réforme à l’ordre du jour des CRI, dont l’urgence a été soulignée par le Souverain dans son discours à l’occasion de la fête du Trône, laisse entrevoir plus d’efficience pour ces futurs établissements publics et justement un rôle prépondérant à jouer dans leur gouvernance pour les représentants des acteurs économiques. Pour eux, ‘’cela passe par une véritable parité entre le public et le privé au sein des commissions régionales unifiées d’investissements en perspective’’, souligne Majid Joundy, président CGEM Souss Massa.

Toutefois pour jouer ce rôle prépondérant, les opérateurs économiques doivent disposer d’une antenne régionale CGEM forte. De l’avis de Ali Zaher, membre de la CGEM Souss Massa, trois préalables doivent être remplis auparavant. Il s’agit de la réforme des statuts de la CGEM régionale de manière à lui accorder les prérogatives nécessaires en tant qu’acteur local et lui assurer une pleine autonomie financière, souligne-t-il. L’opérateur met en exergue aussi l’intérêt de mettre en place une nouvelle gouvernance de l’entité régionale pour une meilleure représentativité économique de la région. L’efficience de l’antenne régionale est aussi tributaire d’un mode d’organisation et de fonctionnement semblable à celui des entreprises dotée d’une feuille de route sur la base d’un diagnostic immédiat, poursuit l’intervenant. Il s’agit de jouer un véritable rôle facilitateur, accompagnateur et fédérateur dans la tissu économique, ajoute de son côté Joundy.
Présent à la rencontre Hammad Kassal, président de la commission finance et délais de paiement de la CGEM, a assuré les membres CGEM Souss Massa de son entier soutien. Après le long chemin parcouru par la CGEM, il convient qu’il est temps de passer à l’étape de l’autonomie juridique et financière des antennes régionales.

A la question de la problématique du financement des entreprises, il a souligné que des lignes de financement existent à travers Maroc PME et s’est engagé à accompagner la région pour décrocher sa part du gâteau sous réserve de projets créateurs de richesses et d’emplois. La déclinaison régionale du Plan d’accélération industrielle avec au programme un grand nombre de projets en perspective devrait générer une forte offre en la matière estimée à 19.000 emplois et permettre un meilleur accès au foncier industriel. Cette question est encore cependant préoccupante pour les investisseurs attirés par la région, eu égard à la nature du foncier dans la zone relevant soit des Domaines, soit des Eaux et Forêts. Pour une région plus attractive, le développement de nouveaux écosystèmes industriels nécessite aussi une amélioration de la logistique et de la mobilité, souligne pour sa part Hassan Chehbouni, 2ème vice-président CGEM Souss Massa.
De son côté, Meryam El Ouafi, présidente commission relations internationales à la CGEM Souss Massa met en exergue l’intérêt de la digitalisation de toutes les données de la région pour une meilleure coordination des instances et plus de visibilité pour la région.

Autant de chantiers qui appellent à une synergie et une véritable volonté de tous les acteurs publics et privés de la région pour endiguer les problématiques de la zone encore marquée par des faiblesses au niveau de la santé, de l’enseignement et du développement social notamment dans les zones rurales et pas seulement, souligne Jamal Diwany, membre de la CGEM Souss Massa. La baisse de la contribution du PIB régional au PIB national, de 12% à 6% en quelques années, commande en tous les cas une véritable mobilisation de tous et de passer de l’oral à l’action et la concrétisation.