La CGEM contourne le dialogue social en discutant directement avec les syndicats

Ces rencontres font suite à  la signature d’accords cadre pour prévenir les conflits sociaux. L’objectif est d’avancer sur des dossiers comme la formation, la santé dans l’entreprise ou encore le droit de grève, etc.

C’est un vrai virage que la CGEM et  les centrales syndicales sont en train de négocier pour instaurer un nouveau climat dans les  relations entre les partenaires sociaux pour le bien des entreprises et des salariés. Si le patronat a commencé à prôner déjà depuis 2009 un dialogue social direct avec les syndicats pour instaurer un climat de confiance, cette démarche n’a commencé à se concrétiser qu’avec la signature d’accords cadre avec les cinq principaux syndicats dont le dernier a été signé le 20 mars dernier avec la Fédération démocratique du travail (FDT). «Ces accords cadre, destinés avant tout à prévenir les conflits sociaux, ne constituent pas un but ultime en soi, mais doivent servir de base pour aller vers des relations plus sereines», déclare Jamal Belahrach, président de la commission Emploi à la CGEM. Dans le même esprit, la centrale patronale vient d’annoncer l’organisation d’une nouvelle série de rencontres avec les cinq syndicats.

La première aura lieu avec l’Union marocaine du travail (UMT) le 17 avril courant, suivie d’une autre avec la Confédération démocratique du travail (CDT) le 23 du même mois et avec l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) le 26. Les dates des rencontres avec l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM) et la FDT n’ont pas encore été confirmées.

Le patronat ne veut pas que les problèmes du privé et du public soient traités de manière uniforme

De telles réunions auxquelles prendront part les secrétaires généraux des centrales syndicales sont destinées à lister les chantiers à discuter, les modalités et le calendrier à suivre pour ces discussions et le cas échéant la formation de commissions pour avancer sur des chantiers particuliers. Il s’agit, explique Jamal Belahrach, d’avancer sur des dossiers comme la formation, la santé dans l’entreprise ou encore le droit de grève, etc.
Il n’a pas échappé aux observateurs que ce rapprochement entre les représentants des salariés et le patronat intervient au même moment que l’ouverture du dialogue social entre le gouvernement, le patronat et les syndicats. Un dialogue social très marocain qui a été initié dans les années 1990 par le ministère de l’intérieur d’alors et qui a continué sous cette forme.
Or, les esprits ont évolué depuis, et aussi bien les syndicats que le patronat ont fait un pas vers une meilleure compréhension mutuelle des contraintes des uns par les autres. Et quitte à participer au dialogue social avec le gouvernement, autant y aller, pour ce qui concerne le secteur privé, «avec des solutions négociées au lieu de problèmes» , précise une source à la CGEM, ajoutant que les problèmes et les revendications des salariés du secteur public et privé sont à maintes  égards différents. Autant donc ne pas tout mélanger pour mieux avancer.