La CDG se réorganise autour des métiers

CDG développement qui abrite les activités opérationnelles est créée. Fipar Holding, chargée des investissements à long terme, le sera dans les prochains mois.
Les activités de marché sont logées dans le pôle marché des capitaux qui sera transformé en banque d’affaires.

La CDG est souvent comparée par les mauvaises langues à un ogre qui dévore tout sans aucune logique d’investissement, pourvu que les pouvoirs publics le lui demande. Pour Mustapha Bakkoury, son DG, qui a longuement reçu La Vie éco, mardi 16 novembre, cette image est totalement fausse. La caisse, rappelle-t-il, prend ses décisions de manière indépendante, sans aucune pression. Elle est certes une institution financière avec une mission publique mais elle est tenue de gérer de la manière la plus rigoureuse possible, et en recherchant la meilleure rentabilité, comme n’importe quel investisseur, les fonds qui lui sont confiés par ses différents partenaires, notamment la CNSS, les caisses de retraites ainsi que d’autres structures comme les fondations, les associations et les compagnies d’assurance. M. Bakkoury précise à ce niveau que, à l’instar des autres organismes financiers, «il est normal que les investisseurs viennent leur soumettre des projets comme il arrive à la caisse de démarcher ces derniers. D’où la nécessité de planifier les interventions en interne pour que les gens connaissent la logique de l’investissement et à l’extérieur pour que les projets qu’on nous propose collent à notre stratégie d’investissement», explique-t-il. Pour ce faire, il fallait une organisation adaptée à l’évolution des activités de la caisse, qui joue pleinement son rôle de gestionnaire et d’investisseur, corollaire immédiat de sa mission principale de collecte de l’épargne longue.

Un leitmotiv : comprendre le métier dans lequel on investit
Ce souci a présidé à l’élaboration d’une nouvelle structure fondée sur une logique de métiers. C’est ainsi que toutes les activités, filialisées ou pas, qui ont trait à ce que l’organisme appelle les activités de développement, ou opérationnelles pour rester dans le jargon financier (immobilier, tourisme, infrastructures et services aux collectivités, appui à la PME), sont logées dans un holding dénommé CDG développement. M. Bakkoury rappelle que ces activités, qui n’étaient pas inscrites dans les missions initiales de manière explicite, sont venues s’y greffer progressivement tout au long des 45 années d’existence de la caisse parce qu’elles correspondaient à des problématiques de l’heure et parce que la caisse a su suivre ces problématiques et développer des expertises. Pour plus de clarté vis-à-vis de l’extérieur, il fallait donc les identifier et les mettre en évidence de sorte à avoir une stratégie appropriée et pour que le financement de ces activités qui, compte tenu de leur nature, ne peut être le même que pour les autres types d’investissements, soit aussi fait à travers des mécanismes clairs.
Aujourd’hui, la mise en place des filiales au sein de CDG développement se fait de manière progressive. Mais le fonctionnement du holding est immédiat et des responsables sont déjà nommés.
Tous les autres investissements importants qui ne rentrent pas dans une logique de développement (participations minoritaires ou stratégiques dans les secteurs financier, industriel et de service), qui ont comme support des avoirs autres que les fonds propres de la CDG et qui visent un rendement financier à moyen et long terme seront désormais regroupés dans Fipar Holding. M. Bakkoury précise que la caisse n’a pas vocation à contrôler ces investissements, mais l’équipe à laquelle incombe leur suivi doit bien comprendre les métiers en question pour agir au mieux.

L’idée de transformer la BNDE fait toujours son chemin
Outre ces deux holdings, un pôle marché des capitaux qui regroupe les métiers de marché des capitaux, de gestion d’actifs et de corporate finance est aujourd’hui préparé pour une filialisation qui interviendra dans les prochains mois. Pour ces activités, il est indiqué que la politique de placement est définie et que l’allocation des ressources revient à des gestionnaires qui sont jugés en fonction de leurs résultats. A terme, ce pôle sera transformé en banque d’affaires. Initialement, il était prévu que l’activité soit transférée à la BNDE. L’option n’est pas écartée. Cependant, il reste à parfaire la restructuration de cette institution et s’assurer qu’il s’agit du meilleur choix. A la caisse, on indique pour l’instant que l’activité à filialiser est donc prête et fonctionne comme si elle l’était déjà et que la décision définitive sera prise après concertation avec le ministère des Finances et Bank Al Maghrib. Soulignons à cet égard que l’activité bancaire de la caisse est soumise au contrôle de l’institut d’émission et que sa filialisation permet d’envisager un développement «dans la sérénité et dans un cadre sécurisé».
Cette nouvelle organisation, qui, outre la séparation des activités de marchés financiers par rapport aux activités opérationnelles, permet au groupe de bien distinguer son rôle d’opérateur de celui d’investisseur, n’est pas figée. «C’est une clarification qui va probablement se prolonger et se poursuivre pour plus d’efficacité»..