La campagne peut toujours être sauvée

Les semis tardifs et les champs soumis à la monoculture sont les plus
touchés par le retard des pluies.

Depuis décembre dernier, les pluies se font désirer. Les précipitations tombées fin janvier étaient trop faibles (5 à 17 mm) et insuffisamment généralisées pour avoir un quelconque impact positif sur l’état végétatif des plantes. Ce retard a eu des effets variables selon les régions, sans faire de dégâts irréversibles. Mais il y aura de quoi s’alarmer s’il ne pleut pas d’ici à la troisième semaine de février.
Actuellement, et d’après des céréaliculteurs contactés par La Vie éco, l’état des cultures est bon à moyen, ce que le ministère de tutelle confirme. Il signale que 0,7% seulement des superficies emblavées (350 000 ha) présentent un état végétatif médiocre. Rappelons qu’au 6 février, la superficie totale emblavée en céréales d’automne a atteint, d’après le ministère de l’Agriculture, 5,3 millions d’hectares, soit le même niveau que la campagne précédente.

Le prix du gros bétail en baisse
Cela dit, sont principalement touchés les semis tardifs de fin décembre ayant été effectués après le ressuyage du sol, ce qui provoque un dessèchement superficiel, ou les champs ayant subi des retards de végétation dus au froid ou à la monoculture. Les régions concernées se situent surtout au Sud de la ligne Khouribga-El Brouj (région de Settat), dans l’Oriental et le Souss.
L’orge, elle, montre beaucoup plus rapidement un dépérissement, particulièrement chez les jeunes pousses.
En fait, le manque de pluies aurait pu être plus préjudiciable s’il avait coïncidé avec une période de forte chaleur où la demande climatique est plus élevée. Le froid a donc eu un effet positif. Cependant, ces derniers jours la température est montée en moyenne de 2°C, ce qui augmente les risques, d’autant plus que les producteurs ne peuvent procéder aux travaux nécessaires à cette étape de la culture. Le désherbage chimique et l’apport d’engrais azotés de couverture risquent de causer des brûlures aux plantes souffrant de stress hydrique.
À noter que, selon le ministère de l’Agriculture, le cumul pluviométrique national moyen a atteint 250 mm (contre 220 en moyenne pour les 30 dernières années). Ce cumul est jugé excédentaire, par rapport à une année normale, pour l’ensemble des régions agricoles, à l’exception du Tadla, du Tensift, du pré-saharien et du saharien.
Enfin, le retard dans les précipitations risque aussi de porter préjudice à l’élevage.
D’une part, le prix des fourrages et de la paille, boudée depuis l’été, s’est légèrement redressé, d’autre part le marché du gros bétail s’est détendu. Ainsi les prix ont connu une baisse conséquente après avoir atteint au cours des mois précédents une hausse accentuée par l’interdiction de l’importation de vaches de l’étranger en raison du problème de la vache folle