La campagne est en train de perdre espoir

Les températures élevées de ces derniers jours, conjuguées au déficit hydrique, perturbent le cycle de croissance des plantes

Céréales et légumineuses sont dans un état inquiétant.

Lasituation est inquiétante dans les campagnes. Après le retard des pluies en début de campagne et la vague de froid qui a sévi en janvier et février, les dernières précipitations ont été suivies de températures élevées qui font que les espoirs des agriculteurs sont en train de s’évaporer, malgré les pluies qui les avaient fait renaître. En effet, si les dernières précipitations ont sauvé ce qui résistait encore, c’est-à-dire les céréales précoces, sur un sol bien travaillé et alimenté en engrais de fond, elles sont loin d’être suffisantes puisque toutes les zones agricoles marocaines sont en dessous du niveau normal de précipitations. Ainsi, au 21 mars, le cumul pluviométrique national était de 224 mm au lieu de 280 (moyenne sur 30 ans). Le déficit hydrique est important et concerne toutes les régions du pays dont certaines sont plus affectées (Haouz, Chichaoua, Abda, Rhamna, etc.). Si, de plus, on sait que les besoins en eau sont plus importants en début de cycle (jusqu’au tallage ou formation des tiges secondaires) et au cours des 15 jours qui précèdent l’épiaison (apparition des épis, suivie par la floraison), qui est le stade prédominant des céréales actuellement, on réalise l’étendue des dégâts à venir : les température élevées de ces jours-ci assèchent le sol plus rapidement que de coutume.
Par ailleurs, en raison de l’état végétatif des cultures, plusieurs opérations capitales n’ont pas été effectuées sur les céréales : désherbage chimique, apport d’engrais de couverture sur les semis tardifs, traitements fongicides sur les semis précoces.

Le prix de la paille s’envole
Les légumineuses alimentaires, dont la superficie dépasse les 300 000 ha (même niveau que la campagne précédente), ont aussi subi des dégâts dus à l’absence de pluies et à la vague de froid. Ainsi, la fève, généralement semée en même temps que les céréales, a été dévastée (plantes brisées, feuilles et bourgeons brûlés…). Ce qui en reste est au stade de la floraison.
Les légumineuses de printemps ne sont pas mieux loties. Le pois chiche, dont les semis se poursuivent encore, ne couvrent pour l’instant que 36 000 ha sur les 60 000 cultivés habituellement.
L’élevage, pour sa part, après un redressement relatif favorisé par les dernières pluies, est retombé dans la situation antérieure. Les pâturages ne se sont pas reconstitués en raison principalement du décalage entre le cycle des herbes et la pluviométrie. Le prix de la paille utilisée comme référence a dépassé les 15 DH/botte, départ exploitation (dans le Gharb) et atteint des niveaux prohibitifs dans les régions déjà en manque .