La BP rafle la mise sur les dépôts et BMCE grappille le plus sur le crédit

La Banque Populaire fait passer sa part de marché sur les dépôts de 28.5% à  30% grà¢ce à  une croissance de 10% en 2012. BMCE Bank réussit la plus forte croissance du secteur sur le crédit avec 12.4%. Attijariwafa bank, la BP et BMCE ont capté plus de 80% de la croissance des dépôts et des crédits.

Les années se suivent et se ressemblent pour le secteur bancaire : la mainmise des trois premières banques commerciales, Attijariwafa bank, la Banque Populaire et BMCE Bank, ne fait que s’accentuer. Le trio a capté plus de 80% de la croissance des dépôts et des crédits enregistrée en 2012. Il consolide de fait sa part de marché qui approche actuellement les 70% sur chacun des deux segments, les cinq autres établissements (BMCI, Société Générale, CIH, Crédit du Maroc et Crédit Agricole du Maroc) se partageant les 30% restants.

C’est dire que les trois banques commerciales ont toujours la bonne recette même quand les temps sont de plus en plus durs. En effet, l’encours des dépôts de la clientèle a totalisé 674,5 milliards de DH en 2012 pour les huit banques universelles à réseau, en accroissement de 4,7% alors que la hausse a été de 6,4% en 2011. Les crédits à l’économie atteignent un niveau similaire, à 674,2 milliards de DH (témoignant des forts coefficients d’emploi qui caractérisent actuellement les établissements de la place), en hausse de 7,7% alors qu’ils avaient progressé de 12,9% en 2011 et 9,1% en 2010. Des chiffres qui portent sur l’activité au Maroc pour permettre une meilleure comparabilité entre les établissements, sachant que seuls trois d’entre eux ont une présence significative en Afrique.

Plus en détail, au niveau des dépôts, ce sont surtout les comptes à vue et les comptes d’épargne qui ont bien évolué, avec des progressions de 6% et près de 10% respectivement, soit des hausses légèrement moindres par rapport à celles réalisées en 2011. Dans la lignée de leur recul de 1,4% en 2011, les dépôts à termes ont régressé encore dans les mêmes proportions en 2012. Quant aux crédits, ceux de trésorerie affichent une hausse de 10% (après une progression de 17,3% en 2011), à lier aux difficultés de trésorerie persistantes des entreprises. Les crédits à la consommation augmentent aussi de 10% du fait que les banques mettent les bouchées doubles pour gagner sur ce segment une part de marché conforme à la taille de leur réseau. Pour sa part, le crédit immobilier progresse de 8%. En revanche, les crédits à l’équipement affichent une baisse de 1,4% (contre une hausse de 7,2%) en 2012.
Au-delà de ce tableau global, les différents établissements affichent des performances différenciées qui ont été à l’origine de plusieurs reconfigurations au niveau des parts de marché.

Un des éléments les plus remarquables à ce titre est la percée de la Banque Populaire au niveau des dépôts. La banque déjà leader sur ce segment a conforté son avance en portant sa part de marché de 28,5% à 30% en une année. Il faut dire que la banque du cheval a boosté ses dépôts à vue de 10,5% et ses comptes d’épargne de 22,4% sur la période, sans bouleverser une structure des dépôts des plus avantageuses, toujours constituée de ressources non rémunérées à hauteur des deux tiers. Avec une telle concurrence, les parts de marché des autres établissements ont été bien mises à mal : le CIH et le CAM maintiennent le statu quo tandis que le reste perd du terrain, y compris Attijariwafa bank qui a abandonné 0,2 point, à 25,5%. Pourtant, toutes les banques se sont arrangé pour faire croître leurs dépôts. Le CAM et le CIH réussissent des progressions de 5,3% et 6,3% en mettant le paquet sur les dépôts rémunérés, les ressources d’Attijariwafa bank progressent de près de 4% tandis que BMCE Bank, BMCI et Crédit du Maroc avancent de 1% chacune. Seule Société Générale a vu ses ressources stagner en 2012, ce qui s’explique par un recul de 12% sur les dépôts à terme qui a entamé une forte montée sur les comptes d’épargne de 10%. 

Au niveau des crédits, c’est BMCE Bank qui tire son épingle du jeu. La banque du groupe Benjelloun a fait croître ses créances sur l’économie de 12,4%, faisant passer sa part de marché de 13,8% à 14,4% en 2012 grâce à une montée sur le crédit conso, de trésorerie ou encore immobilier. La Banque Populaire réussit la deuxième meilleure progression avec près de 9%. A son tour, la banque grappille 0,3 point de part de marché, s’adjugeant 28,2% des crédits en circulation essentiellement grâce à un bon comportement de ses financements de trésorerie (+13,6%) et à l’immobilier (+9,6%). La montée de la BP et BMCE s’est faite au détriment des banques à capitaux français (BMCI, CDM et Société Générale) et du CAM qui ont perdu ensemble près d’un point de part de marché. Attijariwafa bank, quant à elle, maintient sa part de marché à 25%. Mais au-delà des parts de marché, il convient de noter que tous les établissements affichent des taux de croissance satisfaisants au niveau des crédits, recouvrant même des performances si l’on détaille les chiffres par catégories. Ainsi, par exemple, la Société Générale a réussi une croissance de ses crédits conso de 81% en 2012, de même qu’Attijariwafa bank a fait croître ses crédits à l’équipement de 7% quand ses financements ont baissé de 2% au niveau du marché.