La BCP se prépare à  entrer dans le capital d’un cabinet de courtage

Le décret l’y autorisant a été publié
La majorité des autres banques a déjà sauté le pas.

La Banque Centrale Populaire envisage d’entrer dans le capital d’un cabinet de courtage. L’autorisation lui a été donnée par les pouvoirs publics et, étant encore entité publique, un décret a même été publié en ce sens en novembre 2006. Le nom de la cible n’a pas été rendu public. Un responsable de la banque se contente d’indiquer que «le projet est à l’étude. Le cabinet conseil de la banque planche actuellement sur ce dossier».
A défaut d’avoir pu créer ou acquérir une compagnie d’assurance, la BCP s’est rabattue sur un cabinet de courtage, dirons les mauvaises langues. Mais il n’en est rien. Le projet de la Banque Centrale Populaire s’inscrit en fait dans le cadre de la restructuration du marché selon les dispositions du Code des assurances qui a officialisé, il faut le rappeler, la bancassurance. Selon ce texte, les banques de la place ont la possibilité de développer leur propre réseau de distribution et de vendre des produits d’assurance estampillés à leur marque.

Ataamine Chaabi reste dans les tiroirs…
Dans le milieu du courtage, on se veut très critique vis-à-vis de la démarche entreprise par la banque dans la mesure «où cette restructuration qui répond à la logique de la bancassurance se fait au détriment du réseau traditionnel» de distribution. On va même jusqu’à dire que le propre réseau des banques ne «pourra assurer les mêmes prestations que le réseau traditionnel, notamment le service après-vente». On redoute en fait que l’acquisition des cabinets par les banques n’aboutisse à «une industrialisation de l’assurance».
Au-delà des critiques, de bonne guerre d’ailleurs, du réseau traditionnel des courtiers, il importe de signaler que la Banque Centrale Populaire est la dernière banque à avoir sauté le pas puisque la quasi-totalité des grandes banques de la place dispose déjà de son propre cabinet de courtage.

Près de 7 ans après avoir fait une demande d’agrément auprès de la direction de l’assurance et de la prévoyance sociale (ministère des Finances) en vue de la création d’une compagnie d’assurance, la BCP a dû se résoudre à prendre son mal en patience. Le projet Ataamine Chaâbi, nom retenu pour la compagnie, devait se faire en partenariat avec la Banque Populaire française qui devait détenir 30 % du capital de 12 MDH contre 70 % pour la BCP. Ciblant une population de 2 millions de personnes, essentiellement des clients de la banque, l’activité d’Ataamine Chaâbi devait porter uniquement sur l’assurance des personnes notamment l’assurance vie, la prévoyance santé et l’assurance décès. Les assureurs ont jusqu’à présent pu bloquer le projet, en faisant pression sur le ministre des finances, seul habilité à délivré l’agrément.