La BCP s’apprête à  lever un nouvel emprunt de 100 millions d’euros auprès de la BERD

L’opération devrait être entérinée par le prochain conseil d’administration de la banque pan-européenne. Le prêt viendra soutenir les activités de financement des TPE et PME du groupe BCP.

La fin d’année 2014 est fortement marquée du sceau de l’emprunt tous azimuts chez le groupe BCP. En effet, après l’obtention récente d’un prêt syndiqué de 227 millions de dollars (près de deux milliards de DH) auprès d’un consortium de banques internationales mené par la Standard Chartered Bank et comprenant des banques de premier ordre comme l’allemande Commerzbank ou l’autrichienne Raiffeisen Bank International, le groupe bancaire coopératif est déjà en discussion avancée avec la Banque européenne de reconstruction et développement (BERD) pour un prêt senior de 100 millions d’euros (1,1 milliard de DH). Après des due diligences qui auront duré tout l’été 2014, et qui ont été ponctuées par l’aval des équipes en charge du dossier auprès de la BERD, l’opération devrait être entérinée incessamment par le prochain conseil d’administration du prêteur. Selon cette banque publique pan-européenne, ce prêt viendra soutenir les activités de financement des TPE et PME marocaines et qui constituent un segment de prédilection des Banques Populaires Régionales. Mais pourquoi donc une telle appétence pour les levées de fonds chez la banque au cheval, sachant qu’elle a, d’ores et déjà, annoncé par ailleurs sa volonté de sortir de façon imminente sur le marché local pour emprunter un montant d’un milliard de DH sous forme de dette subordonnée ? Cela ferait un total de 4 milliards de DH à mobiliser en l’espace de quelques mois seulement. Il faut dire que le rachat anticipé par les BPR d’une autre part de l’Etat marocain dans le capital de la BCP devrait affaiblir les ratios de solvabilité (au niveau consolidé), sachant que toute participation dans un établissement de crédit (ici celles des BPR dans le capital de leur organe central la BCP) vient en déduction des fonds propres réglementaires (les seuls qui entrent en compte aux yeux de Bank Al-Maghrib dans le calcul des ratios prudentiels). Le groupe bancaire se trouve donc dans l’obligation de compenser une décrue certaine desdits ratios (notamment le ratio de solvabilité global qui se situait à 13,25% à fin 2013, juste au-dessus du minimum réglementaire de 12%) par la levée de fonds propres ou quasi-fonds propres (comme la dette subordonnée). Par ailleurs, les ambitions africaines de la BCP qui devraient se matérialiser par une montée dans le capital de sa filiale pan-africaine Banque Atlantique au même titre que l’extension géographique de la présence de cette dernière, ne manqueraient pas de susciter, à leur tour, des financements à long terme appropriés. D’où une multiplication des opérations d’endettement à la quête de financements à moyen et long terme non dilutifs pour les actionnaires après une période 2009-2012 où la levée de fonds propres durs (exclusivement en capital et primes d’émission) avaient totalisé près de 9 milliards de DH grâce à l’arrivée de nouveaux actionnaires (le français BPCE, la SFI, l’OCP et les salariés du groupe BCP).