La BCP mettra au moins 180 MDH dans le capital de sa filiale mauritanienne

Le capital minimum d’une banque contrôlée par des étrangers doit être six fois supérieur à celui d’une banque à capitaux nationaux qui est d’un milliard d’ouguiyas

Le ticket d’entrée est cher, mais le marché mauritanien est prometteur, notamment en raison de la découverte de pétrole.

La volonté de croissance externe en Afrique se confirme de plus en plus chez les trois premières banques marocaines, Attijariwafa bank, Groupe Banques Populaires (GBP) et BMCE Bank. Et elles ne lésinent pas sur les moyens. En effet, la filiale de l’Ona en est déjà à plus de 2 milliards de DH pour ses seules prises de participations en Tunisie et au Sénégal. BMCE Bank a déboursé quelques centaines de millions de DH pour sa dernière grosse opération, la prise de contrôle de Bank Of Africa, qui s’est traduite par une présence dans 12 pays à la fois. C’est au tour de la Banque Centrale Populaire de passer à la caisse pour son implantation en Mauritanie.

Quelques semaines après avoir obtenu l’agrément auprès des autorités mauritaniennes pour la création d’une banque universelle, l’organe central du GBP s’apprête à débourser quelque 180 MDH. Ce qui correspond au capital minimum exigé par la Banque Centrale de Mauritanie, soit le double requis par la loi bancaire marocaine.

Cela peut paraître démesuré pour un marché financier 75 fois plus petit que son homologue marocain (au regard des crédits à l’économie à fin 2007). Mais il faut dire que la nouvelle ordonnance de février 2007 portant réglementation des établissements de crédit en Mauritanie a été assez sévère avec les investisseurs étrangers quel que soit leur pays d’origine. Dans son article 25, ce texte a imposé aux banques, dont l’actionnariat majoritaire est étranger, de disposer d’un capital minimum entièrement libéré, six fois plus élevé que leurs homologues locales, soit 6 milliards d’ouguiyas (180 MDH environ).

Gros excédent de trésorerie dès le départ
La pilule est un peu amère car, pour une banque en création, il faut compter plusieurs mois avant le lancement effectif (installation, mise en place des systèmes informatiques, construction de la gamme produits, recrutement et formation du personnel….) et ce n’est qu’après quelques années que la vitesse de croisière en terme de production de crédit est réellement atteinte. Entre-temps, la banque aura inévitablement un excédent important de fonds propres qu’elle devra placer au marché monétaire. Son actionnaire aurait pu allouer ces fonds propres vers d’autres activités plus rémunératrices sur le court terme. Mais pour la BCP, ce coût est une sorte de ticket d’entrée sur un marché assez prometteur dont la croissance du PIB a été de 13,4% en 2006 en partie grâce à la mise en production du premier champ pétrolifère et ce, d’autant plus que son ratio de solvabilité dépasse largement le minimum réglementaire de 8%..