La BCP accompagne l’Office chérifien des phosphates dans sa stratégie de croissance

L’office prend 6,6 % du capital de la banque qui hérite de 5,8 % de celui de son partenaire
L’opération a été faite sous la forme d’une augmentation de capital réservée
D’autres partenariats entre des entreprises publiques seront scellés.

Faire des entreprises publiques des moteurs de l’économie est le nouvel objectif du gouvernement. Le signal a été donné par le partenariat stratégique qu’ont noué l’Office chérifien des phosphates (OCP) et la Banque centrale populaire (BCP). Salaheddine Mezouar, ministre de l’économie et des finances, a annoncé d’autres initiatives du genre lors de la signature de l’accord, le 12 janvier, à Rabat, par les présidents des deux entreprises, Mustapha Terrab (OCP) et Mohamed Benchaâboun (BCP). Le partenariat – non imposé, a insisté le ministre – qui vient d’être conclu prend la forme d’une prise de participations croisées par augmentation de capital réservée. L’office prend 6,6% de la banque contre un chèque de 1 milliard de DH. En retour, cette dernière paiera 5 milliards de DH pour 5,88% du capital de son partenaire. Chaque partie disposera d’un siège au conseil d’administration de l’autre en plus d’un membre aux comités d’audit et stratégique. Les fonds iront donc aux deux entités étatiques et non à l’Etat comme nous avons pu le supposer (www.lavieeco.com), parmi d’autres hypothèses, entre autres, l’augmentation de capital réservée.

Pas de privilège pour la BCP
Désormais, l’OCP qui est en train de réaliser de gros chantiers pourra s’appuyer sur un grand groupe financier. Au total, il compte investir pas moins de 32 milliards de DH pour augmenter sa production de phosphate brut, construire deux pipelines pour le transport du minerai des sites d’extraction aux ports de Safi et de Jorf Lasfar et développer une plateforme chimique de niveau mondial sur ce dernier site. La banque accompagnera aussi l’office dans la réalisation de ce dernier projet par le financement des co-investisseurs étrangers.
Avec 152 milliards de DH de dépôts en 2008 et 20 milliards de DH de fonds propres, la BCP ne manque pas de moyens d’intervention. En retour, elle pourra capter des ressources additionnelles sous forme de placement de l’OCP. Mustapha Terrab, PDG de l’office, dont une éventuelle entrée en Bourse est évoquée, tient toutefois à préciser que la BCP est certes un partenaire, mais ne sera pas privilégiée par rapport aux autres établissements de la place. Il fait savoir que, sur le plan financier, ce sont les meilleures conditions proposées qui détermineront les choix.