La Banque mondiale prévoit une croissance de 3,8% en 2017

La Maroc profite d’une bonne campagne agricole qui devrait engendrer une hausse de 10% du PIB agricole. Le taux de croissance de la région devrait baisser de 3,5% en 2016 à 2,6% en 2017.

La Banque mondiale a publié, le 17 avril à Rabat, son rapport de suivi de la situation économique au Moyen-Orient et en Afrique du Nord (MENA). Elle y annonce que la région MENA devrait enregistrer une baisse de son taux de croissance de 3,5% en 2016 à 2,6 % en 2017 compte tenu de la guerre et de la violence, dans un contexte marqué par la faiblesse des cours du pétrole. Après 2017, la situation devrait s’améliorer légèrement et la croissance pourrait dépasser les 3%, en 2018 et 2019. Par conséquent, les perspectives de développement de la région MENA inspirent désormais à la Banque mondiale un «optimisme prudent», au lieu d’un «pessimisme prudent» auparavant, et ce, en raison des signes prometteurs que laissent entrevoir les résultats des réformes économiques en cours, de la stabilité du marché du pétrole et du fait que, tôt ou tard, les conflits finiront par être résolus.

De l’avis de Hafez Ghanem, vice-président de la Banque mondiale pour la région MENA, «les pays de la région doivent entreprendre les réformes et la diversification économiques indispensables au développement du secteur privé et qui contribueront à créer les emplois dont ils ont cruellement besoin. En même temps, il convient d’améliorer la qualité de l’éducation pour permettre aux jeunes d’acquérir les compétences pour obtenir ces emplois».

Le taux d’inflation serait autour de 2%

Par ailleurs, dans un dossier spécial consacré aux conséquences des conflits en Libye, en Syrie et au Yémen, l’institution rappelle que la durabilité de la reprise économique dans la région dépendra de l’efficacité des futurs efforts de consolidation de la paix et de reconstruction. A ce titre, Shanta Devarajan, économiste en chef pour la région MENA, fait remarquer que «les guerres civiles et le ralentissement de l’économie ont engendré de nouveaux groupes vulnérables et affaibli considérablement des services publics comme les soins de santé et l’éducation».

En ce qui concerne le Maroc, l’institution souligne qu’après une mauvaise campagne agricole en 2016, les précipitations abondantes observées depuis l’automne dernier donnent à penser que le secteur primaire devrait rebondir et propulser la croissance du PIB à 3,8% en 2017. En effet, la production agricole, qui représente encore près de 15% du PIB du pays, a diminué d’environ 10% en 2016, ramenant le taux de croissance du PIB à 1,1%. En 2017, le PIB agricole devrait augmenter de près de 10% du fait d’une production céréalière supérieure à sa moyenne historique. De même qu’il est prévu un accroissement du PIB non agricole qui serait légèrement supérieur aux tendances récentes. Quant au taux d’inflation, il devrait continuer à tourner autour de 2%. Cependant, cette «conjoncture positive» ne devrait pas se traduire par d’importantes améliorations au niveau de la structure du marché du travail. A l’avenir, les principaux défis pour le Royaume demeurent la réalisation d’une croissance plus forte sous l’impulsion du secteur privé, la création d’emplois, ainsi que la promotion d’une prospérité partagée.