La Banque mondiale plaide pour une plus large implication du citoyen

L’institution insiste sur le fait que les aspirations des populations doivent être remises au centre du jeu.  Encore beaucoup d’efforts à faire dans l’éducation et la santé.

Il faut maintenant passer à l’action. C’est en substance ce qu’a suggéré Marie Françoise Marie-Nelly, directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb, qui faisait le point sur les interventions de l’institution dans la sous-région, au Maroc principalement, vendredi 23 octobre, à Rabat. Ce n’est pas en raison d’un quelconque agacement dû à la lenteur des réformes. Mme Marie-Nelly, tout comme ses collègues qui l’entouraient lors de sa première sortie face à la presse marocaine, soulignait que l’essentiel des textes juridiques régissant le cadre institutionnel sont en place et qu’il faut désormais s’y appuyer pour aller de l’avant. Elle ne manque pas non plus de se féliciter des progrès réalisés, tout en insistant sur le fait que la Banque mondiale continuera d’appuyer le Maroc sur tous ses grands chantiers de transformation structurelle. C’est le sens de l’enveloppe de 200 millions de dollars accordés récemment par l’institution pour soutenir les réformes visant à accroître l’efficacité et la responsabilité vis-à-vis des citoyens. Le contrat social a d’ailleurs émaillé toute l’intervention de la directrice des opérations de la Banque mondiale pour le Maghreb. En droite ligne avec la nouvelle orientation de la banque, elle rappelle que les préoccupations des populations doivent être remises au centre du jeu, au Maroc, comme dans toute la sous-région.

Lenteur dans la réalisation des projets

Ce point est un des axes majeurs du Cadre de partenariat stratégique (CPS) 2014-2017 négocié par les deux parties. Les deux autres points sont la promotion d’une croissance concurrentielle inclusive et la construction d’un avenir vert et résilient. A côté de ces trois sujets qui s’imposent, ici comme ailleurs dans les pays en développement, sont inscrits des thèmes transversaux que sont le genre (la place de la femme), la jeunesse, le droit d’expression et l’implication des citoyens.

A l’évidence, on comprend que l’idée en vogue dans les instances internationales est que l’économique doit être au service du bien-être social. Vu sous cet angle, la santé et l’éducation sont parmi les principaux domaines où le Maroc doit encore faire de gros efforts. La banque l’a rappelé et promet de poursuivre sa coopération dans ces secteurs.

Ses engagements dans le pays totalisent environ 2,5 milliards de dollars pour un portefeuille de 27 projets. Le hic, le taux de décaissement est faible : seulement 13% lors de la dernière année fiscale. Pour certains projets publics, ce retard est par exemple imputé à la lourdeur des procédures d’expropriation. Mais il va falloir quand même cerner toutes les contraintes pour que les fonds soient utilisés avec plus de célérité.