La baisse des taux d’intérêt dope l’économie

Une baisse des taux à court terme de 1 point entraînerait 0,2 point
de croissance.

Quel impact la politique monétaire produit-elle sur l’économie réelle ? La Direction de la Politique économique générale (DPEG), dépendant du ministère des Finances et de la privatisation, vient d’analyser le phénomène. Sur la base de simulations, la DPEG estime qu’une baisse des taux à court terme de 1 point soutiendrait la croissance de 0,2 point la première et la deuxième année et de 0,2 point la troisième année. Le taux de chômage, lui, baisserait de 0,1 point au bout d’un an et de 0,2 point au bout de deux ans, tandis que l’effet sur le niveau des prix serait pratiquement nul. L’impact sur la consommation des ménages serait une augmentation de celle-ci en volume de 0,4 % la première année, 0,3 % la deuxième année et 0,2 % la troisième année. La DPEG explique que cette amélioration de la consommation résulterait de l’accroissement du revenu disponible des ménages de 0,1 % la première année et de 0,2 % la deuxième année, mais aussi de la réduction de l’effort de l’épargne de 0,1 % et de 0,2%, respectivement la première et la deuxième année. C’est la preuve d’une corrélation évidente entre la consommation et l’offre de crédits bancaires, ce qui montre bien que la déréglementation intervenue dans le système financier marocain a, en quelque sorte, «gonflé» l’encours des crédits aux ménages.

Les crédits à l’économie croîtraient 4 fois plus que l’emploi
Quant à l’investissement, il augmenterait de 0,2 % au bout d’un an, de 0,3 % au bout de deux ans et de 0,3 % au terme de la troisième année. Mais, fait remarquer la DPEG, c’est l’investissement privé en matériel et outillage qui connaîtrait la hausse la plus importante avec 0,4 % et 0,5 % respectivement la première et la deuxième année. L’investissement en bâtiment, en revanche, serait de 0,2 % et 0,3 % pour les mêmes périodes. Là aussi, l’amélioration de l’investissement du fait de la baisse des taux d’intérêt est de nature, selon la DPEG, à générer une augmentation des crédits à l’économie de 0,2% et de 0,8 % respectivement la première et la deuxième année, alors que l’emploi, durant la même période, ne croîtrait que faiblement : 0,1% et 0, 2%, soit 4 fois moins que le taux de progression des crédits à l’économie.
Ce paradoxe apparent, la DPEG l’explique par le fait que, face à la baisse des taux d’intérêts, les entreprises privées, en général, ont tendance à investir davantage dans le capital, devenu moins coûteux, que dans les ressources humaines.
Pour la DPEG, ces résultats paraissent bien modestes, eu égard aux attentes très grandes en matière de réduction du chômage (dont le taux est aujourd’hui de 11,6 %), dans un pays où la démographie laisse peu de répit puisque, chaque année, ce sont plus de 263 000 demandeurs d’emplois qui se présentent sur le marché du travail.