La baisse des nuitées continue, été difficile pour Marrakech et Agadir

Le taux d’occupation moyen en mai était de 63% à  Marrakech contre 69% un an auparavant.
D’autres destinations affichent pourtant la forme, comme Tanger, Casablanca et Fès.

Tous les observateurs vous le diront : l’année 2008 ne sera pas un bon cru pour l’activité touristique. Dans tous les cas, elle sera moins bonne que la précédente, pour la plupart des destinations nationales. Beaucoup comptaient sur la période estivale, les réservations spontanées et l’arrivée des Marocains résidents à l’étranger pour combler la baisse des nuitées enregistrée depuis le début de l’année. Mais à la mi- juillet, ni les MRE ni les autres ne semblent véritablement affluer en masse.

Tanger, porte du Maroc, constitue un poste d’observation idéal pour apprécier le flux des arrivées, surtout des MRE. «Il n’y a pas grand monde. On ne dirait pas que c’est l’été, et on ne voit pas beaucoup de MRE cette année», affirme Mustapha Boucetta, le président du Conseil régional du tourisme (CRT) de la ville. Pourtant cette ville n’a pas à se plaindre ; c’est l’une des destinations qui affichent la forme depuis le début de l’année avec une augmentation de 6% de ses nuitées pour les cinq premiers mois.

«Certes, concède Mustapha Boucetta, les hôtels sont plutôt bien fréquentés (ndlr: un taux d’occupation autour de 50%), mais les activités annexes, discothèques, restaurants…, sont quasi inertes».

Un été calme pour Agadir
Casablanca enregistre, pour sa part, le plus haut taux de progression des nuitées, soit +10%, grâce à l’ouverture de nouveaux établissements. Fès connaît aussi le même phénomène avec une capacité d’hébergement supplémentaire due à l’ouverture de maisons d’hôtes durant l’année 2007.

«Probablement, Fès, même si elle n’est pas une destination d’été, aurait connu une meilleure fréquentation si les vols directs en provenance du Royaume-Uni n’avaient pas été annulés depuis le début de l’année en raison de taxes aéroportuaires trop élevées», relève cet hôtelier habitué à travailler avec la clientèle britannique.

En revanche, Marrakech, dont on disait, il y a peu, qu’elle ne connaît plus de saisonnalité, craint cette année pour son été. «L’année dernière j’avais du mal à trouver des chambres disponibles en juillet, mais cette année je ne me fais pas de souci», affirme un agent de voyages. D’aucuns annoncent même un été catastrophique pour Marrakech.

Le taux d’occupation dans les hôtels classés est de 63% pour mai, contre 69% en mai de l’année dernière. La baisse des nuitées s’est installée depuis le début de l’année avec -16% pour le marché français, -18% pour le marché belge, – 13% pour le britannique et -17% pour le marché italien. On imagine mal un retournement de tendance cet été.

A Agadir, enfin, et malgré une concentration de la promotion sur les marchés des pays de l’Est, l’été s’annonce plutôt calme. Mais on compte bien sur les arrivées des nationaux. Certains professionnels en viennent même à regretter Kounouz Biladi… C’est dire…