La baisse des importations reflète le ralentissement de la croissance

3.34 milliards de DH d’importations en moins sur les 4 premiers mois de l’année. Les produits énergétiques, alimentaires, produits finis de consommation et produits bruts affichent tous un recul.

En ces temps de repli quasi-continu des avoirs extérieurs nets, toute baisse dans l’allocation des devises est bonne à prendre. La chute des importations de 3,34 milliards de DH sur les quatre premiers mois de cette année, même si elle est contrebalancée par un recul des exportations de 2,3 milliards de DH, est en effet un début intéressant pour peu que le mouvement se poursuive.

Mais quand les importations et les exportations baissent, cela indique en principe un ralentissement de l’activité, ce qui est d’ailleurs le cas sur le premier trimestre de cet exercice, comme le montrent les dernières estimations du Haut commissariat au plan. Même si la croissance globale a été estimée à 4,8% (contre 2,7% le même trimestre de 2012), elle a été surtout portée par l’agriculture dont la valeur ajoutée a augmenté de 16,4% (au lieu d’une baisse de 8,3% un an auparavant). Les activités hors agricoles, elles, ont au contraire enregistré un ralentissement de 1,1 point en progressant de 3,3% au lieu de 4,4% au premier trimestre de 2012.

Les biens d’équipement ont augmenté de 8,7%

Toutes proportions gardées, cette configuration de la croissance paraît corroborée par l’évolution des principaux produits à l’importation. Ainsi, les produits énergétiques ont réalisé la plus grosse baisse à -11,7% (-4,2 milliards de DH) et cette baisse ne semble pas liée seulement au recul du prix du baril de Brent, mais aussi à une consommation en berne. Rappelons à cet effet que sur le premier trimestre, les ventes de produits pétroliers, selon le Groupement des pétroliers du Maroc (GPM), avaient baissé de 1,6% et concerné l’ensemble des produits à l’exception du fioul. Plus généralement, la facture énergétique (y compris donc les achats d’électricité) avait baissé de 12,6%. L’autre groupe de produits qui a accusé une baisse, ce sont les produits finis de consommation (voitures de tourisme, vêtements confectionnés, parties et pièces pour voitures de tourisme) : -3,8%. La chute des produits bruts (huile de soja, soufres bruts et non raffinés) est encore plus importante : -18,1% (ou -1,3 milliards de DH). Les produits alimentaires, à l’exception du blé (+18,9%), ont tous baissé, mais cela peut être attribué à la bonne campagne agricole de cette saison.

Par contre, et cela apparaît comme un paradoxe, les biens d’équipement se sont bien comportés à l’importation (+8,7%), tout comme d’ailleurs les demi-produits (fils, profilés en fer ou en aciers non alliés, barres) qui ont augmenté de 4,3%. En fait, ce n’est pas tout à fait un paradoxe, car une croissance hors agricole de 3,3%, ce n’est pas rien non plus…