Jusqu’à  20 milliards de DH seront nécessaires pour mettre à  niveau Casablanca

Quatre mois après le discours royal, les autorités de la ville entament enfin la mise en Å“uvre du plan d’urgence. En tout, 2,82 milliards de DH seront investis dans des projets à  très court terme. Les délégataires de services devront investir plus d’un milliard de DH.

Le ministère de l’intérieur vole au secours des Casablancais. En débloquant une enveloppe budgétaire exceptionnelle de 1,16 milliard de DH, le département de Mohamed Hassad a donné le véritable coup d’envoi de la mise en œuvre du plan d’urgence de la capitale économique. Ce budget vient porter l’enveloppe globale qui sera réservée aux actions que les autorités de la ville ont programmées comme prioritaires à 2,82 milliards de DH. Est-ce suffisant ? Certainement pas, à en croire Mohamed Sajid lui même. D’après les premières estimations du Conseil de la ville de Casablanca, les besoins de la métropole pourraient atteindre 20 milliards de DH pour se mettre réellement à niveau. D’ailleurs, en marge de la présentation du plan d’urgence de la ville, le wali Khalid Safir a annoncé que les différentes parties concernées planchent actuellement sur des programmes à moyen et long termes, lesquels devront compléter les actions à court terme dont le lancement se fera cette année. «Il s’agit de crédibiliser l’action des autorités de la ville à travers ce premier programme à court terme, ce qui permettra de faire adhérer tout le monde aux autres programmes qui vont suivre», explique le wali. En fait, selon les premiers échos qui filtrent de la wilaya du Grand Casablanca, huit groupes de travail se penchent actuellement sur l’élaboration de recommandations, basées entre autres sur des benchmarks avec des villes nationales et internationales, lesquels serviront de base pour la mise en place d’une réforme sur des délais plus longs. Ces recommandations devraient être publiées avant la fin du trimestre en cours.

En attendant, ce premier budget débloqué en faveur de la ville est extrêmement important puisqu’il permet de mettre en œuvre, dès cette année, des actions urgentes, tout en donnant une impulsion à la réforme. Ces actions urgentes concerneront plusieurs volets, à commencer par la sécurité. Réputée être une ville dont le taux de criminalité est l’un des plus élevés du Royaume, Casablanca devrait connaître à partir des prochaines semaines le lancement d’un vaste programme de renforcement de la sécurité. 40 MDH sont ainsi alloués à l’acquisition de caméras de surveillance et 50 MDH à l’acquisition de matériel de locomotion et de transmission dans le but d’améliorer la capacité d’intervention des forces de l’ordre.

Une entité publique pour le contrôle et le suivi des contrats signés avec les délégataires

La modernisation des voiries est également un volet important dans ce plan d’action 2014. 365 MDH sont prévus pour un vaste chantier devant compléter et accélérer l’amélioration de la circulation dans la ville.
Dans ce sens, un budget de 220 MDH est programmé pour le réaménagement de 19 boulevards et 13 carrefours, en plus de la construction de voiries supplémentaires pour 35 MDH. Le reste de l’enveloppe réservée à la circulation permettra aux différents arrondissements de la ville d’arrêter un plan d’action détaillé pour le réaménagement des voiries et trottoirs dans les quartiers.
Parallèlement à la mise à niveau des infrastructures de transport, le plan d’urgence de la ville blanche prévoit la mobilisation de 245 MDH pour le réaménagement du parc de la Ligue arabe, l’aménagement d’espaces verts, la modernisation du complexe Mohammed V et la réhabilitation du zoo d’Aïn Sebaâ. Pour ce dernier, le Conseil de la ville compte mobiliser la société gestionnaire du parc de Rabat afin de créer une certaine synergie entre les deux zoos.  

Les délégataires des services de propreté et de la distribution de l’eau et de l’électricité devront également mettre la main à la poche.

Lydec, qui a souvent fait l’objet de critiques par le passé quant aux investissements qu’elle n’a pu réaliser, sera le principal contributeur dans ce sens. Ce seront ainsi 560 MDH, tirés du fonds de travaux, qui seront débloqués cette année, dont 138 millions réservés à l’amélioration de l’éclairage public, 250 MDH à l’amélioration du taux de raccordement au système d’assainissement et 119 MDH à la mise à niveau de certains douars de la périphérie, notamment Mohammédia, Nouaceur et Médiouna.

Du côté des délégataires des services de propreté, la ville impose aux deux nouvelles sociétés qui entreront en service à partir de mars prochain, à savoir Sita et Averda, d’investir 480 MDH dans l’acquisition des différents équipements nécessaires à la collecte des déchets et la mise en place de points de regroupement de déchets. Et pour éviter les problèmes rencontrés par le passé dans l’exécution des investissements prévus dans les cahiers des charges, Mohamed Sajid promet la mise en place d’une entité publique qui se chargera spécialement du contrôle et du suivi des contrats signés avec les délégataire.