Journée continue : les banques plient face à  la puissance des syndicats

Elle abandonnent la mesure après neuf jours d’application

L’horaire d’été sera appliqué jusqu’au 2 septembre puis on retournera à  l’horaire normal.

Les employés de banque ont eu gain de cause. Leur mouvement de grève du 5 juillet dernier, qui a immobilisé la quasi-totalité de l’activité bancaire du pays, a incité le secteur bancaire à  abandonner la mise en place de l’horaire continu.
Selon un communiqué de l’USIB-UMT (Union syndicale interbancaire), un accord est intervenu, le 12 juillet, avec le GPBM (Groupement professionnel marocain des banques) pour un retour à  l’horaire habituel à  la fin de la période estivale. A partir du 14 juillet, donc, les banques ont appliqué l’horaire d’été. Au lieu d’une journée allant 8h à  16 h 45, entrecoupée d’une pause de 45 mm, le personnel travaillera de 8 h à  15h 30. Selon l’accord conclu entre l’USIB et le GPBM, cet horaire restera en vigueur jusqu’au 2 septembre prochain.

Aucun délai pour l’entrée en vigueur de l’horaire continu
Dès le 5 du même mois sera à  nouveau appliquée la journée discontinue classique, soit de 8h à  11h 50 et de 14h à  18h34, en attendant qu’une commission mixte, constituée des représentants des deux parties, fasse des suggestions sur les modalités de mise en place de l’horaire continu, à  convenir d’un commun accord.
Pour le moment, «aucun deadline n’est fixé pour la mise en place de cet horaire continu», indique Farouk Chahir, secrétaire général de l’USIB. De toutes les manières, les discussions seront très animées, vu les arguments jusque-là  développés par les uns et les autres.
Si les employés des banques ont refusé d’appliquer l’horaire d’été proposé au début de cette saison, c’est qu’il est jugé mal dimensionné. Ils expliquent que, pour les employés du réseau, la fermeture des guichets à  16 h 15 ne leur laissait pas le temps de clôturer leur journée à  temps. Sur ce point, il est estimé que 90 % du personnel des agences ne pourraient pas quitter leur poste avant 18 heures, ce qui rendrait les journées plus longues, sans aucune compensation financière.

Les deux parties s’affrontent en fait sur la prime de panier
Pour sa part, le GPBM, en confirmant le jour même de la grève (5 juillet) le maintien de l’horaire continu, défendait le temps de travail réglementaire de 40 heures par semaine, ou de 8 heures par jour.
Mais, au-delà  de cette querelle sur la durée de la journée, les deux parties s’affrontent sur la prime de panier, un dossier dont l’issue déterminera sans doute l’application définitive de l’horaire continu dans le secteur bancaire. Le dossier risque d’être ardu. Mais, en contraignant le groupement des banques à  faire un pas en arrière, l’Usib a montré qu’elle dispose de ressources suffisantes pour faire pencher la balance de son côté, sachant que l’horaire continu est une tendance inévitable.