Jean-Louis Chaussade : «L’unification de nos marques n’est pas un projet de réorganisation»

Le 12 mars, Suez Environnement annonçait depuis Paris le regroupement de ses 40 marques à  travers le monde sous la seule bannière de Suez Environnement. Dans sa première sortie après cette décision, le patron du groupe, Jean-Louis Chaussade, explique les finalités de cette opération. Quelles répercussions sur les activités du groupe au Maroc et ses marques phares comme Lydec ?

Depuis le 12 mars, vous avez choisi de fédérer les 40 marques du groupe sous la seule bannière de Suez Environnement. Les finalités de ce regroupement ont été largement expliquées dans un communiqué récent du groupe. Mais quels sont les contraintes et inconvénients que vous posait cette multiplicité des noms de marques sur le plan opérationnel ?

Notre objectif était d’unifier sous la même bannière les 80 000 collaborateurs auparavant identifiés sous de nombreuses marques dont certaines étaient historiques : Lyonnaise des Eaux créée en 1880, SITA pour les déchets en 1919, Degrémont pour le traitement de l’eau en 1939. L’adoption d’une marque unique pour toutes les activités du groupe a constitué un changement significatif pour les collaborateurs. Nous avons donc lancé un vaste processus de consultation interne et associé nos équipes à la réflexion : 18 mois de travail et d’échanges pour redéfinir une architecture de marque et tomber sur un consensus, celui de la marque unique. Cette dernière allait nous permettre de gagner en performance et en efficacité commerciale, mais également d’être mieux identifiés par nos clients et d’accélérer notre développement, notamment à l’international.
Le sentiment d’appartenance au groupe est très fort dans toutes les activités. Nous avons beaucoup travaillé sur le processus d’appropriation en interne, car il est la clé de réussite de ce projet. L’attachement des collaborateurs au groupe dépasse leur filiale et ils ont compris l’intérêt de cette marque unique pour gagner en performance.
 
Est-ce que cette décision se traduira aussi par des réaménagements organisationnels des équipes opérant dans les différentes entités du groupe ?

Ce projet n’est pas un projet de réorganisation. Il s’agit d’un accompagnement de la transformation de nos métiers pour apporter les meilleures réponses aux attentes de nos clients qui souhaitent des solutions globales pour faire face aux enjeux de la ressource.
Nos métiers évoluent pour assurer la gestion optimale de ressources qui deviennent de plus en plus rares dans un monde en développement. L’économie circulaire, qui fait évoluer la gestion des ressources d’une logique de consommation à une logique d’usage et de valorisation, s’impose.
 
A l’instar de ce que vous venez de faire en fédérant vos marques, ne pensez-vous pas qu’il y a aussi un travail de clarification à faire, vis-à-vis de vos marchés, à l’étage supérieur, notamment en ce qui concerne les relations entre Suez Environnement, la Lyonnaise des Eaux et GDF Suez ?

Les choses sont très claires: GDF Suez est l’actionnaire de référence de Suez Environnement et un partenaire stratégique inscrit sur le long terme.

Dans le cadre de ses interventions, le groupe a eu à créer des marques qui sont aujourd’hui fortes comme c’est le cas, entre autres, de Lydec à Casablanca. Cette dernière sera, d’ailleurs, préservée. Mais comment Suez Environnement compte-t-il concilier entre la nécessité de capitaliser sur des marques fortes et l’impératif marketing de faire rayonner une marque unique ?

Nous sommes présents au Maroc depuis 1997 aux côtés des collectivités marocaines, avec la distribution d’électricité, d’eau potable et du service d’assainissement dans la Région du Grand Casablanca avec Lydec, mais également dans la collecte et valorisation de déchets également à Casablanca, Tanger et Meknès.
Les deux métiers de gestion de l’eau et des déchets sont des métiers très locaux, en prise avec les enjeux du quotidien des habitants.
Aujourd’hui, nos clients attendent de notre part des solutions globales aux nouveaux enjeux planétaires qui ont trait à une meilleure gestion des ressources : économiser les ressources et réduire les coûts de production, produire différemment en intégrant des matières premières secondaires dans les chaînes de production, créer des ressources alternatives notamment dans des régions marquées par le stress hydrique, ou encore développer des sources d’énergie locales et renouvelables par la valorisation des déchets. Face aux grands enjeux de la planète, nos métiers évoluent et Suez Environnement se positionne en qualité d’expert de la gestion durable des ressources.
Cette marque unique nous permettra de gagner en performance et en efficacité commerciale afin d’être encore mieux identifiés par nos clients, et d’accélérer notre développement. Nous sommes à la fois globaux et locaux.
 
En capitalisant sur l’expérience globalement concluante du groupe à Casablanca en matière de gestion déléguée de la distribution d’eau et d’électricité, quels enseignements en tireriez-vous si demain d’autres villes marocaines souhaitaient vous confier ces services ?

Comme je le disais précédemment, Suez Environnement est historiquement présent aux côtés des collectivités marocaines. Les réalisations à Casablanca, mais également au sein d’autres collectivités comme Tanger et Meknès que nous accompagnons, témoignent de notre savoir-faire, des solutions innovantes et durables que nous avons su concevoir, mais également de la relation de confiance que nous avons su instaurer avec le Royaume.