Investissements marocains à  l’étranger : 51.7 MDH placés dans l’immobilier à  fin juin

Le droit d’investir à  l’étranger est limité aux personnes morales et sous certaines conditions. L’investissement total à  l’étranger se monte à  2.8 milliards de DH au premier semestre.

Tout le monde ne peut pas investir à l’étranger, et surtout pas dans l’immobilier. La réglementation des changes a énormément évolué, en particulier depuis 2007 (voir les circulaires n°1720 et 1732). Pour l’instant, seules les personnes morales résidentes, et sous certaines conditions, peuvent obtenir l’autorisation d’effectuer des investissements à l’étranger. Il y a deux semaines environ, et pour couper court aux spéculations concernant la possibilité offerte par les autorités espagnoles d’accorder un titre de séjour aux étrangers qui achètent un bien immeuble dans leur pays, l’Office des changes a dû publier un communiqué de presse dans lequel il rappelle que pareille opération est non seulement soumise à son accord mais qu’en plus l’autorisation n’est accordée qu’à titre exceptionnel.

En dehors des cas où l’acquisition d’un bien immobilier à l’étranger est passée par des circuits informels -cela existe, et c’est une infraction à la réglementation sur le change réprimée par la loi- tous les transferts réalisés au titre des investissements à l’étranger apparaissent dans les statistiques de l’office des changes. Et l’examen de celles-ci laissent voir que l’immobilier occupe, mine de rien, une place non négligeable au regard du montant global -relativement faible- des dépenses d’investissements marocains à l’étranger : 51,7 MDH au cours du premier semestre de 2012 sur un total de 2,8 milliards. Sur la même période en 2011, les investissements dans l’immobilier n’avaient pas dépassé…1,2 million de DH, sur un total investissement de 1,7 milliard ! Pour l’ensemble de l’année 2011, l’investissent à l’étranger dans l’immobilier s’élevait à 10,8 millions de DH sur un total de 5,7 milliards ; un niveau en baisse par rapport à 2010 : 25,1 millions de DH sur un total d’un peu plus de 6,6 milliards de DH (voir encadré).

Forte chute des avoirs extérieurs nets

Mais de quel investissement immobilier s’agit-il ? L’Office des changes donne bien la répartition de tous les investissements à l’étranger selon la nomenclature marocaine des activités, mais s’agissant de l’immobilier cette précision manque. On ne saura donc pas ce que recouvre exactement l’intitulé “Activités immobilières”. Peut-être s’agit-il de l’acquisition de sièges de succursales bancaires, consulaires ou diplomatiques !

Dans tous les cas de figure, il tombe sous le sens que l’investissement dans l’immobilier, pour les particuliers, soit strictement limité, pour ne pas dire quasiment exclu. «Le Maroc a conclu un paquet d’accords de libre-échange, le commerce est totalement ouvert, moyennant quoi le niveau des devises régresse année après année, en raison des importations qui croissent à un rythme beaucoup plus élevé que les exportations. Et si, en plus, il faut laisser partir le peu qui reste pour acheter des logements…», analyse un ancien cadre à l’Office des changes.

Selon les tout derniers chiffres de l’office, les avoirs extérieurs nets à fin octobre 2012 ont encore baissé de 21%, à 133 milliards de DH. Ceci est le résultat tout à la fois de la hausse des importations de biens et services de 6,5%, à 350,7 milliards de DH, de la baisse des transferts de MRE de 3,2%, à 47,6 milliards de DH et des recettes de voyages de 2,5%, à 48,9 milliards de DH, d’une part, et du faible rythme de progression des exportations (+2,4%, à 245,5 milliards de DH), de l’autre.

Dans ces conditions, la libéralisation totale de la réglementation de change devient évidemment difficile pour ne pas dire impossible.