Investissements étrangers : le Maroc est en retard sur ses concurrents

L’arsenal juridique est éparpillé

Une fiscalité moins avantageuse fait perdre au Maroc sa compétitivité.

Finalement, le Maroc est encore moins attractif pour les investisseurs que beaucoup de ses concurrents sur un certain nombre de critères. C’est du moins la conclusion qui se dégage d’une étude réalisée récemment par la direction des Investissements dans le cadre de la réforme du cadre incitatif. En effet, l’étude a consisté à comparer les avantages que propose le Maroc à ceux que proposent d’autres pays comme la Tunisie, la Turquie, l’Egypte, la Jordanie ou encore la Roumanie.

Les premières conclusions ne sont pas favorables au Maroc. Les rédacteurs de l’étude ont commencé par planter le décor en reconnaissant ouvertement que «les incitations en matière d’investissements au Maroc sont entravées par un arsenal juridique trop dispersé au moment où la plupart des pays concurrents concentrent leur législation relative à l’investissement dans un seul code». Abordant les critères un à un, l’étude met également en exergue le retard du Maroc. C’est le cas d’abord de la fiscalité jugée «très peu compétitive» en comparaison avec ce qui se fait dans les autres pays. La Tunisie a décidé récemment de baisser son taux d’IS de 35 à 30%. La Turquie a baissé le taux de l’impôt sur le revenu de 40 à 20%. Un tableau fait clairement ressortir que le Maroc affiche les taux les plus élevés, que ce soit pour l’impôt sur les sociétés, l’impôt sur le revenu ou la TVA.

Une autre étude pour jauger le degré d’efficacité des régimes incitatifs
D’un autre côté, l’étude révèle que les subventions accordées par le gouvernement marocain, plafonnées à 10%, sont inférieures à celles qui sont octroyées par d’autres pays méditerranéens. Pire, les procédures auxquelles obéissent ces subventions, à travers le Fonds de la promotion des investissements (FPI), sont souvent lourdes, compliquées et inadaptées. Pour y remédier, l’étude préconise des solutions : soit le transformer en un établissement public à part entière, soit le faire fusionner avec le Fonds Hassan II. Et enfin, entre autres points soulevés par l’étude, l’absence de textes et de mesures incitatives dédiées à la catégorie spéciale des expatriés, contrairement à d’autres pays.

Pour renforcer davantage cette première étude, il a été également demandé à une autre équipe d’experts d’en réaliser, avec l’aide de l’USAID, une seconde, plus poussée, sur le degré d’efficacité des divers régimes incitatifs actuellement en vigueur au Maroc. Un mix des résultats de ces deux études servira à la refonte globale du cadre incitatif des investissements. Un chantier ouvert déjà il y a quelques mois et dont les résultats devront être approuvés par les membres de la commission interministérielle des investissements.