Interedec holding restructure son haut de bilan

Ce groupe, propriétaire des murs du Hyatt de Casa et du Sofitel Marina Smir, a effectué une opération accordéon qui ramène le capital à 51 MDH.

Le Groupe Kabbaj, un des opérateurs majeurs dans le secteur touristique marocain, vient de procéder à une restructuration financière de son principal véhicule d’investissement, Interedec Holding LTD. Cette société, qui gère, en compagnie d’une autre entité du même groupe, Interedec Maroc, les participations du groupe dans le Hyatt Regency de Casablanca et le Sofitel de Marina Smir, a opéré en ce début 2005 une augmentation de capital en «accordéon». Ainsi, le capital a été ramené dans un premier temps de 72,8 MDH à 43,46 MDH (soit une réduction de 29,3 MDH) avant d’être hissé, dans une deuxième étape, à 51 MDH, soit un apport net de 7,5 MDH. Cette opération vise à apurer le passif d’Interedec Holding qui portait les stigmates de plusieurs exercices déficitaires.
Il faut dire que si l’hôtel casablancais confié en gestion au géant américain Hyatt affiche une bonne santé comme en témoignent les indicateurs 2003 (taux d’occupation de 65,48 % et un chiffre d’affaires hébergement de 68,3 MDH), l’hôtel de Marina Smir, comprenant 119 chambres, confié en gestion pour compte au groupe Accor sous enseigne Sofitel, fait pâle figure. Pendant longtemps, il a constitué un foyer de pertes importantes qui tirait vers le bas les résultats globaux.

Des résultats plombés par le faible taux d’occupation du Sofitel Marina Smir
Les mauvais résultats sont dus à une fréquentation très saisonnière qui n’arrange ni le propriétaire qui supporte des amortissements des investissements et des charges financières importantes, ni le gestionnaire, dont la rémunération est assise sur le résultat d’exploitation de l’hôtel. D’ailleurs, le groupe Accor avait carrément décidé, à fin 2003, de fermer cette unité quatre mois par année pour arrêter l’hémorragie des charges pendant la saison d’hiver. Une décision qui avait suscité, quelque temps après, la réaction du propriétaire des murs qui estimait que la chaîne française ne fournissait pas suffisamment d’efforts dans la commercialisation à l’étranger de «son hôtel». Critique alors rejetée par Accor qui avait expliqué que les hôtels marocains qu’il gère ou qu’il détient font partie de plusieurs accords de commercialisation, dont celui signé en juillet 2003 avec les tour-opérateurs de TUI, un des leaders mondiaux du tourisme.
En attendant la montée en régime du Sofitel Marina Smir dans le sillage de la relance des programmations de vols charter vers Tétouan à partir de plusieurs aéroports français, le groupe Kabbaj peut se réjouir de l’excellent comportement du tourisme d’affaires à Casablanca en 2004, ce qui aura des retombées positives sur la rentabilité du Hyatt.