Intégration régionale : le Maghreb incité à être plus entreprenant

Les pays maghrébins sont confrontés à des défis majeurs : taux de chômage élevé, faible compétitivité internationale, forte vulnérabilité aux chocs économiques. En dépit des quelques progrès réalisés, le processus d’intégration des pays de la région reste beaucoup trop lent.

La Commission économique pour l’Afrique (CEA-Bureau pour l’Afrique du Nord) et l’Union du Maghreb Arabe (UMA) ont tenu, le 5 décembre à Rabat, la troisième réunion de concertation du Mécanisme sous-régional de coordination (MSRC) pour l’Afrique du Nord, avec la participation de plusieurs agences des Nations Unies et autres partenaires. La rencontre constitue un cadre de concertation des projets menés en soutien aux efforts de l’UMA et de ses Etats membres pour «l’édification d’un espace économique et social intégré et solidaire au Maghreb».

A l’heure actuelle, les pays du Maghreb sont confrontés à des défis majeurs, parmi lesquels une forte proportion de jeunes, un taux de chômage élevé, des systèmes de formation inadaptés, une faible compétitivité internationale, une forte vulnérabilité aux chocs économiques, ainsi qu’une exposition au changement climatique.

Selon Omar Ismael Abdourhaman, directeur par intérim du Bureau de la CEA en Afrique du Nord, «une relance du processus d’intégration de l’UMA est aujourd’hui nécessaire pour répondre aux besoins d’une croissance plus soutenue, renforcer la résilience des pays aux chocs externes…». Au moment où de plus en plus de pays «cèdent aux sirènes du protectionnisme» et face à la détérioration des prix des matières premières et des énergies fossiles, il est primordial pour les pays maghrébins de constituer une «communauté économique complémentaire et intégrée». D’autant plus que le Maghreb dispose de la plupart des facteurs structurants d’un marché dynamique : population, revenu par habitant, continuité de l’espace physique, infrastructures de transport, ressources humaines…

La Banque maghrébine pour l’investissement et le commerce extérieur sera opérationnelle en mars 2017
Taïeb Baccouche, SG de l’UMA, constate, quant à lui, que «la région du Maghreb traverse actuellement une zone de turbulences qui semble s’installer dans la durée». Et de considérer que «l’intégration économique et une coopération étroite entre les pays de l’UMA apparaissent comme les seuls moyens à même de permettre à la région de faire face aux difficultés communes». A ce titre, le SG de l’UMA a déploré le fait que le processus d’intégration des pays de la région soit beaucoup trop lent, même si des progrès réels ont été réalisés, dont notamment la mise en route de la Banque maghrébine pour l’investissement et le commerce extérieur qui sera fonctionnelle à partir de mars prochain.

Force est de constater que le projet maghrébin est entravé par divers obstacles. La zone de libre-échange en est de ce fait au stade de projet et le marché sous-régional reste l’un des moins dynamiques du continent. De même que les acquis en matière de circulation des personnes restent limités et réversibles, et le droit communautaire demeure insuffisamment connu des opérateurs économiques, de la société civile, des milieux universitaires et des médias.