Integra Bourse dans le viseur d’un investisseur étranger

Duet Mena serait intéressé par la filiale de Tunisie Valeur… mais le top management infirme. Depuis sa création en 2008, Integra Bourse n’a jamais été bénéficiaire.

Dans une conjoncture boursière difficile, plusieurs chamboulements s’annoncent chez les sociétés de bourse de la place. C’est du moins ce que l’on pourrait déduire des informations qui circulent sur le marché, particulièrement à propos de celles qui sont non affiliées à de grands groupes bancaires. Parmi celles-ci, on retrouve Integra Bourse qui, selon plusieurs sources, pourrait connaître un gros mouvement dans son tour de table. La société de bourse, filiale de Tunisie Valeurs, ferait en effet l’objet de convoitise de la part d’un grand gestionnaire d’actifs de la région Mena, en l’occurrence Duet Mena, filiale de Duet Group basé à Dubaï. Le management d’Integra dément évidemment l’information. «Il n’existe aucun contact officiel dans ce sens, autrement le CDVM aurait été le premier à être averti, puisqu’une transaction pareille est sujette à un renouvellement d’agrément», explique Ghassen Belhadj, DG de la société. Mais selon des sources bien informées, des auditeurs d’un grand cabinet de la place seraient bel et bien passés chez la société, non pour la traditionnelle mission de certification des comptes, mais pour une évaluation. La thèse d’un intérêt de Duet Mena pour Integra est d’autant plus crédible que le gestionnaire d’actifs est aujourd’hui dirigé par Hedi Ben Mlouka, connu surtout pour son large réseau sur le marché financier tunisien.

Le management se montre rassurant sur la situation financière de la société

Bien évidemment, l’opération nécessite d’abord que les deux parties s’entendent sur le prix, chose qui ne semble pas acquise en raison de l’évolution peu rassurante de la situation financière de la société. En effet, depuis le démarrage de son activité, Integra Bourse a essuyé des pertes consécutives, souvent considérables. Selon les données disponibles auprès du CDVM, le déficit cumulé s’établit à 8,5 MDH entre 2008 et 2011, auquel il faudra ajouter le solde négatif en attente de publication au titre de l’année 2012. Cette situation a déjà poussé la société à doubler son capital social sur cette même période pour le faire passer de 10 à 20 MDH. Interrogé sur la situation des fonds propres de la société et si elle exigerait une nouvelle recapitalisation, le top management n’en semble pas moins inquiet. «Le niveau des fonds propres dépasse le seuil minimum de 5 MDH. Donc d’un point de vue réglementaire, il n’y a pas d’exigence de recapitalisation», explique Belhadj. Pour ce dernier, la seule opération qui serait actuellement envisageable est la libération de la part restante de la dernière augmentation de 4 MDH décidée l’année dernière. C’est dire que, pour l’instant, la société de bourse tend à rassurer. Cependant, la prochaine publication financière attendue pour juin prochain pourrait changer la donne et donner une idée précise sur l’avenir de la société.