Ingénierie industrielle : le luxembourgeois CPPE s’installe au Maroc

Il veut accompagner le programme de dépollution des industries lourdes, chimiques ou de transformation polluante. Certains de ses gros clients comme Mittal et Bayer ont des filiales au Maroc.

Le marché marocain de l’ingénierie industrielle continue d’attirer les opérateurs étrangers. En effet, après Ecisa, Ekos Estudios Ambiantales, CITI Technologies, Faure Ingénierie et Fives Group, pour ne citer que les plus récents, c’est au tour du luxembourgeois CPPE (Carbon & Process & Plant Engineering) de s’implanter au Maroc. Ce spécialiste du contrôle de pollution des installations industrielles et de la livraison clés en main d’installations d’élimination des oxydes de soufre et des dioxydes de carbone (CO2), vient de créer une filiale basée à Casablanca. Dénommée CPPE Maroc, cette première entité implantée en Afrique par cet opérateur qui cumule plus de neuf décennies de savoir-faire dans ce domaine vise à accompagner les acteurs marocains des industries lourdes, chimiques ou de transformation polluante dans leur programme de dépollution telle la réduction d’émissions de CO2. Les industries chimiques et de matériaux de construction se trouvent en première ligne des secteurs visés, sachant que la maison mère luxembourgeoise dispose de solides références en la matière au niveau mondial tel l’indien Mittal (maison mère de Sonasid) et les allemands Basf et Bayer qui comptent tous les deux des filiales au Maroc. CCPE Maroc commence déjà à recruter sur place et devra rapidement atteindre un effectif de 10 salariés, presque tous des ingénieurs hautement qualifiés.

L’ingénierie industrielle marocaine est encore balbutiante

Il faut noter que contrairement à l’ingénierie en génie civil où un savoir-faire marocain a été solidement construit au cours des trois dernières décennies, notamment autour de quelques pionniers tels le CID (cabinet à capitaux mixtes), Novec (filiale de la CDG) ou Team Maroc (récemment acquise par l’OCP), l’ingénierie industrielle marocaine, notamment celle se ramenant aux process industriels (nettement plus compliquée que le montage industriel), demeure, quant à elle, encore balbutiante. Ce qui oblige les investisseurs et opérateurs industriels ou énergétiques à se tourner, chaque fois qu’il s’agit de construire des usines de taille importante, vers le savoir-faire étranger. Une «lacune» sans laquelle aucune véritable émergence industrielle n’est possible.