Infrastructures portuaires : l’Etat va accélérer la cadence en 2016

Avec le lancement des travaux de Nador West Med et Kénitra Atlantic, un cap important sera franchi dans la mise en œuvre de la stratégie portuaire. Les chantiers se poursuivent au niveau de Tanger MedII, Safi et Casablanca.

Un tournant majeur devrait être opéré dans le cadre de la stratégie portuaire à partir de l’année prochaine. Les travaux de deux des plus importants ports, prévus pour devenir des pôles portuaires régionaux, viennent d’être programmés pour 2016. Il s’agit de ceux de Nador West Med et de Kénitra Atlantic.

Nador West Med est, pour rappel, un complexe industriel et portuaire intégré, offrant des infrastructures portuaires en zone franche, une plate-forme industrielle franche sur une superficie de 1 500 ha et une zone de développement en dehors de la zone franche sur une superficie d’environ 2 500 ha.

La première phase des travaux va démarrer à partir du deuxième semestre de 2016. Le montant de l’investissement est de 9,88 milliards de DH constitués par des «fonds propres (4,6 MMDH) et des prêts concessionnels (5,1 MMDH)», peut-on lire dans le rapport sur les entreprises publiques accompagnant le projet de Loi de finances 2016.

Pour la seule année 2016, une enveloppe de 1,5 milliard de DH sera engagée pour amorcer cette première phase qui comprend la construction de la digue principale, de la digue secondaire et de trois postes pétroliers. S’y ajoutent un quai à conteneurs, un quai destiné aux charbons et un quai de service et de terre-pleins, en plus d’un poste roulier. La réalisation de ces composantes devrait s’étaler jusqu’en 2020.

Nador West Med SA avait lancé, il y a plusieurs mois, un appel d’offres international pour la sélection des prestataires. Le nom de l’adjudicataire final sera dévoilé très prochainement. Treize candidats avaient été présélectionnés l’été dernier. Il ne reste maintenant que sept prétendants sur la «short list».

En attendant l’aboutissement du processus, Nador West Med SA va se pencher sur la composante relative à la zone franche.

Une zone franche à 1,4 milliard

Une étude d’aménagement de la zone d’influence du port a déjà été réalisée, suite à quoi il a été élaboré un premier plan de zoning de la zone franche tenant compte des parcelles habitées. «Le montant des travaux d’aménagement de la première phase de la zone franche (480 ha) est estimé à 1,4 milliard de DH», précisent les pouvoirs publics.

Pour 2016, d’autres études sur la zone franche sont programmées, notamment une étude stratégique pour son positionnement.

Enfin, pour ce qui est de la composante relative aux zones industrielles d’une superficie de 2 982 ha, la société Nador West Med SA a commencé l’étude d’identification de toutes celles qui sont prévues par les schémas d’aménagement ou mobilisables, ainsi que des liaisons existantes ou réalisables pour connecter les dites zones au port. Autant dire que le projet est bien avancé. Idem pour le complexe prévu à Kénitra. Les premiers coups de pioche sont également programmés à partir de l’année prochaine. La mise en œuvre avait été accélérée en juin dernier, conformément aux instructions royales données en marge de l’annonce de l’installation de l’usine de PSA dans la zone. D’ailleurs, la première tranche programmée consistera justement en la réalisation des ouvrages de protection et d’un quai réservé à l’accompagnement de l’installation de la future usine du groupe français.

Il reste néanmoins un point central à résoudre, celui du montage financier de l’opération. En principe, le port de Kénitra Atlantic sera une des enceintes portuaires prévues dans le cadre d’un partenariat public-privé. Une étude d’évaluation est en cours au ministère de l’équipement, du transport et de la logistique, et ce n’est qu’après sa finalisation que l’on aura une idée précise sur le schéma retenu. Ce qui est sûr, c’est que les travaux ne tarderont pas à démarrer puisque l’enjeu pour le Maroc est que la première tranche de cette nouvelle enceinte portuaire soit mise en service en 2019 pour répondre aux besoins de PSA. Le problème, la réalisation d’une enceinte aussi importante dure en moyenne quatre à cinq ans, à en croire des sources au sein de la direction des ports au sein du ministère.

Des avancées importantes en 2015

C’est donc une véritable course contre la montre qui est engagée à Kénitra. Ce chantier vient en parallèle aux travaux menés au niveau de plusieurs autres ports stratégiques dans le cadre de la vision portuaire à l’horizon 2030. C’est le cas du port de Safi dont le taux d’avancement global des travaux a atteint 25% en juin dernier. Le projet de Tanger Med 2 a également fait du chemin. Selon TMSA SA, la première phase a été réceptionnée après l’achèvement des travaux du quai, de la digue principale à caissons, du talus et d’une partie de la digue secondaire à talus.

Le lancement des appels d’offres relatifs à la deuxième phase est imminent. D’un coût estimé à 1,6 milliard de DH, cette phase inclut une autre digue secondaire, un quai, un déroctage et divers équipements portuaires. Les travaux dureront 36 mois.

Les travaux d’extension des ports de Tarfaya, du nouveau port de pêche à Lamhiriz et du port de Casablanca (troisième terminal) se poursuivent. Dans le même temps, les pouvoirs publics ont lancé les travaux d’extension du port de Jebha dont l’objectif est d’améliorer les conditions de débarquement des pêcheurs et d’augmenter les capacités d’accueil et de stockage actuelles pour accompagner le secteur de la pêche artisanale.

Bref, dans les toutes prochaines années, le Maroc sera certainement doté d’une infrastructure portuaire à la hauteur de ses ambitions économiques.

Younès Tantaoui. La vie éco