Infrastructures : le Nord et l’Oriental pénalisés

De même que pour le poids économique, les villes de Casablanca, Mohammédia et Essaouira occupent les premières places du classement en termes d’infrastructures et d’accessibilité.

Encore une fois, la ville de Casablanca joue les premiers rôles dans la catégorie des grandes villes. Elle bénéficie, d’une part, de sa position privilégiée pour l’accessibilité routière (trois axes autoroutiers), aérienne (plus de 69 villes desservies par son aéroport contre 20 en moyenne pour les villes de sa catégorie) et ferroviaire (7 lignes). D’autre part, elle apparaît comme la ville la mieux équipée : 1ère en offre de restauration (318 établissements officiellement recensés) et 3e en capacité hôtelière (près de 12 800 lits hôteliers).

En queue de peloton, on retrouve la ville d’Oujda qui pâtit de sa mauvaise accessibilité : la ligne ferroviaire Fès-Taourit-Oujda est irrégulière, et l’accessibilité routière est rendue très difficile par la position excentrée de la ville et l’absence d’un axe autoroutier (seule ville de la catégorie dans ce cas de figure. Un gap qui sera enfin  comblé avec l’ouverture de l’autoroute Fès-Oujda). Enfin, Oujda a une capacité d’hébergement insuffisante avec seulement 1 900 lits dans les établissements classés (soit 25 fois moins que la ville de Marrakech qui, avec près de 44 400 lits hôteliers, occupe sans surprise la première position du classement concernant cet indicateur).

Notons que la ville de Fès tire son épingle du jeu pour se classer 3e : malgré son absence d’ouverture sur la mer, la ville se rattrape par sa bonne accessibilité aérienne  (son aéroport dispose d’une capacité de 500 000 passagers et dessert 13 villes internationales) et sa capacité hôtelière élevée (4e ville du Maroc pour cet indicateur, avec plus de 7 200 lits hôteliers recensés dans les établissements classés).

La ville de Tétouan se retrouve en avant dernière position du classement des grandes villes, même si elle dispose d’un aéroport international – encore peu dynamique – et qu’elle bénéficie de la présence d’un axe autoroutier et de la proximité du port de Tanger. En effet, cette ville est lourdement handicapée par l’absence de desserte ferroviaire (seule ville de la catégorie dans ce cas de figure), et par des capacités hôtelières et touristiques dans la moyenne (environ 4 400 lits hôteliers recensés dans les établissements classés de la ville et 27 restaurants), mais relativement faibles eu égard aux potentialités de la ville.
C’est encore Mohammédia qui arrive en première position en ce qui concerne les villes moyennes. Forte de sa proximité avec Rabat et Casablanca, Mohammédia dispose de très bonnes infrastructures ferroviaires avec l’existence de deux lignes et une très bonne accessibilité routière marquée par la présence d’un axe autoroutier. En outre, cette ville possède la meilleure capacité de restauration des villes moyennes avec 19 établissements, mais sa capacité hôtelière demeure relativement faible eu égard aux potentialités de la ville (646 lits, soit deux fois que des villes comme El Jadida ou Béni Mellal).
La ville de Berrechid bénéficie également de la proximité de l’aéroport de Casablanca et d’une excellente accessibilité ferroviaire, ce qui lui permet d’occuper la 3e position du classement, et ce, en dépit de la faiblesse de ses capacités hôtelières et touristiques (moins de 100 lits et un restaurant recensés plaçant l’offre de la ville parmi les plus faibles du Royaume).

A l’inverse, l’étude révèle une insuffisance notoire pour la ville de Guelmim qui souffre d’une très mauvaise accessibilité aérienne du fait de l’éloignement de l’aéroport de Tan-Tan, d’une absence de desserte ferroviaire, et d’une mauvaise accessibilité routière du fait de la position géographique de la ville.
De même, en avant dernière position du classement, la ville de Béni Mellal est fortement pénalisée par sa très faible accessibilité aérienne (l’aéroport le plus proche étant celui de Marrakech) et son absence de desserte ferroviaire ; et ce, malgré le fait que la ville dispose, avec plus de 1 200 lits hôteliers, d’une capacité touristique parmi les plus importantes de sa catégorie, contrebalancée toutefois par son offre de restauration (seuls quatre restaurants classés).

Dans la catégorie des petites villes, Essaouira confirme sa bonne tendance en dominant également ce classement. En effet, la ville est dotée d’un aéroport dynamique (1ère ville de la catégorie avec une capacité de 300 000 passagers), d’une très bonne accessibilité portuaire et d’excellentes capacités hôtelières (3 300 lits) et de restauration (33 restaurants). Ses performances en termes d’infrastructures et d’accessibilité sont étroitement liées à ses performances touristiques.
La ville d’Essaouira est talonnée par Ouarzazate qui bénéficie d’une bonne accessibilité générale : un aéroport relativement dynamique d’une capacité de 260 000 passagers et une bonne accessibilité routière. De plus, la ville confirme sa position en tant que destination touristique par excellence en proposant de bonnes capacités hôtelières (plus de 7 000 lits recensés) et d’excellentes capacités de restauration : avec 63 restaurants, la ville de Ouarzazate dépasse de loin les autres villes de sa catégorie (deux fois plus que la ville d’Essaouira par exemple), et propose une offre similaire à celle de villes dont la taille est plus importante (même capacité de restauration que les villes de Fès et Tanger).

La ville de Ben Guérir qui affiche une très mauvaise performance en termes de poids économique (dernière du classement des petites villes) crée la surprise et arrive en 3e position dans le classement des villes en fonction de leurs infrastructures et de leur accessibilité. En effet, cette ville bénéficie de la proximité de l’aéroport de Marrakech dont le dynamisme n’est plus à prouver (une capacité de 2 500 000 passagers et plus de 50 villes internationales desservies). Elle bénéficie aussi de la présence d’une ligne ferroviaire et d’un axe autoroutier. Toutefois, à noter que cette ville ne compte aucun établissement hôtelier classé.
A l’opposé, les dernières positions du classement sont occupées par les villes de Taourirt, Guercif et Boujdour qui sont handicapées par de faibles infrastructures générales. Ainsi, la ville de Boujdour qui occupe le dernier rang, pâtit d’une accessibilité routière et aérienne très faible (l’aéroport le plus proche étant celui de Laâyoune), et ce, en dépit de la présence d’un port.