Industrie cinématographique : En attendant la relance promise

L’aide à la production cinématographique nationale est ce qui est arrivé de mieux à notre cinéma et constitue sa fierté.

Malgré les contraintes objectives, le secteur du 7e art est en train de sortir de l’ornière. Passée la parenthèse de la pandémie, tout porte à croire que les contours de la relance se précisent. Plan séquence !

Il y a eu le Festival national du film (FNF) de Tanger et on se projette dans le Festival international du film de Marrakech (FIFM). Deux moments du 7e art qui ponctuent, parmi d’autres événements, la vie culturelle au Maroc. Loin des polémiques et des attentes, cela constitue surtout l’occasion de s’appesantir sur une «industrie» cinématographique qui continue de chercher ses repères, particulièrement en l’absence de l’implication du secteur privé marocain dans la production, estime le scénariste Mohamed Najdi et ce, après la parenthèse de la pandémie, mais surtout après une décennie sous une «lampe» éteinte après les dernières législatives.

Bons auspices
En effet, au cours de ces dix dernières annnées, la chose culturelle, cinéma en tête, était le dernier des soucis des deux gouvernements dirigés par le PJD, rappellent les cinéastes. Pis encore, outre la dégringolade de la production cinématographique, on avait assisté à un retour de manivelle même pour la production étrangère dans le Royaume.
Mais à la faveur d’une reprise de l’activité cinématographique qui se précise, les horizons se présentent sous de bons auspices. Au titre de la toute récente session de la Commission de fonds d’aide, c’est une enveloppe de 15 millions de dirhams, sous forme d’avance sur recettes, qui a été octroyée à quatre projets de long-métrages, à laquelle il faudrait additionner plus de 4 millions de dirhams pour des projets de documentaires tous genres confondus. Sans omettre de vue des dizaines de milliers de dirhams en guise de contribution pour l’écriture de scénarios ou encore pour un court-métrage, de quoi huiler la machine de la production nationale, qui reste néanmoins otage d’une approche quantitative au détriment du qualitatif, estime-t-on même dans le milieu cinématographique marocain. Une lacune qui a, d’ailleurs, fait l’objet d’un débat lors du FNF de Tanger où un appel a été lancé pour la refonte du système de soutien à la production qui, aux yeux des uns et des autres, a atteint ses limites, sous sa forme actuelle.

ça ne tourne pas rond !
Une autre problématique et non des moindres est relative au réseau de distribution sur fond, notamment, de la fermeture des salles de cinéma et ce, malgré l’appui étatique pour préserver ce qui pourrait l’être, quand bien même on avancerait la contrainte objective liée à la fréquentation des salles obscures, comme l’explique le critique de cinéma Mohamed Bakrim (voir ci-contre).
Toujours est-il que la scène du 7e art au Maroc ne concerne pas uniquement la production nationale, mais s’étend pour embrasser celle étrangère dans le Royaume. Sur ce chapitre, on retiendra les efforts de l’Exécutif pour renforcer l’attractivité du Royaume en tant que destination privilégiée des tournages via, entre autres, un taux de détaxe qui est passé de 20% à 30%. Une carotte fiscale qui vient se greffer à l’offre marocaine en termes d’infrastructures, d’environnement naturel et des ressources humaines bien au fait des grandes productions internationales. Un ensemble d’éléments qui classe le Maroc dans le Top 10 mondial en la matière. Un positionnement à préserver et à développer face à la concurrence féroce dans ce segment à l’international.