Industrie : 80 000 emplois attendus des délocalisations chinoises d’ici 2020

Selon le ministre, les investisseurs et les donneurs d’ordre sont encouragés par la nouvelle dynamique des écosystèmes, notamment dans l’automobile et le textile . La hausse des salaires dans l’empire du Milieu peut profiter au Maroc.

Le plan d’accélération industrielle se met en marche. Selon My Hafid Elalamy, ministre de l’industrie, du commerce et de l’économie numérique, des écosystèmes, concept phare de la nouvelle stratégie, commencent déjà à se former et «ça a l’air de donner des résultats». «Déjà l’expérience a été menée pour deux secteurs notamment l’automobile et le textile. D’une part, les opérateurs ont découvert la capacité à développer leur business lorsqu’ils s’organisent en écosystème. D’autre part, les donneurs d’ordre mondiaux rencontrés lors de récentes tournées ont été très intéressés par la dynamique qui se met en place», a affirmé M. Elalamy, qui s’exprimait lors de la rencontre avec les adhérents de la Chambre française de commerce et de l’industrie du Maroc. Bien que cela puisse paraître infondé, comme le rappelle le ministre, plusieurs industriels chinois seraient tentés de délocaliser leurs activités manufacturières au Maroc. D’autres déjà opérant en Europe lorgnent aussi le Royaume. Ces derniers, qui veulent sortir de l’Usine du monde, cherchent de nouvelles alternatives et se repositionnent à l’international, surtout après que la Chine eut affiché ouvertement sa volonté d’augmenter les salaires. Il s’agit surtout de l’industrie automobile, du textile et de la sidérurgie.

Sumitomo, un cas révélateur

«Une véritable tectonique des plaques est en train de modifier la configuration de l’industrie mondiale, et le Maroc doit travailler son potentiel à capter les flux qui naîtront de cette redistribution des cartes. Le modèle Bombardier avec cent opérateurs autour dans l’aéronautique et Renault avec tout le tissu de ses sous-traitants est à reproduire pour d’autres secteurs», souligne le ministre.

Le cas de Sumitomo vient conforter ces propos. Le ministre rappelle que cet industriel japonais, qui fait 24 milliards de dollars de chiffre d’affaires à l’international, est venu sans se faire prier. Aujourd’hui, il compte huit usines au Maroc et est le deuxième employeur du pays avec 16 000 postes créés. M. Elalamy est d’avis que si le plan d’accélération industrielle a placé le curseur très haut en projetant de créer 500 000 emplois sur les 1,3 million à pourvoir d’ici 2020, 80 000 peuvent être générés rien que par la concrétisation des délocalisations de la Chine alors qu’environ 250000 vont être récupérés sur le tissu actuel. Le reste devant être assuré par de nouveaux investissements opérés sur place.

Cela dit, le ministre a insisté sur le fait que les projets qui bénéficieront des 3 milliards de DH de subventions annuellement (Fonds de développement industriel) devront respecter des critères très rigoureux pour être économiquement viables et offrir un plus pour l’intégration du tissu industriel actuel. «Si les opérateurs se développent dans le cadre de la stratégie, en étant éligibles à ses critères, je vais les aider avec tous les moyens. Et s’ils le font en dehors du plan, je vais les applaudir quand même», confie-t-il.