Indexation : Questions à  Najib Boulif, Ministre des affaires générales et de la gouvernance

« Nous serions bientôt à  8% de déficit budgétaire sans l’indexation ».

La Vie éco : Vous avez rencontré le 24 septembre les représentants du secteur industriel. Quelles en ont été les conclusions ?
L’objectif de cette série de rencontres est de présenter les avantages du système d’indexation, un des outils de la réforme globale du système de compensation, d’expliquer le fondement de la décision, d’être à l’écoute des industriels quant à leurs préoccupations, et d’examiner leurs doléances. Il s’est avéré qu’ils ont parfaitement adhéré au projet, mais ont tenu à exposer leurs avis sur l’impact de la décision, qui est plus ou moins important selon les secteurs. Nous sommes d’accord pour détailler les problèmes selon les filières les plus impactées, et examiner les propositions que vont nous faire parvenir les industriels.

Pour vous, le soutien par les subventions ne se traduit pas toujours par une amélioration de la compétitivité : est-ce à dire que l’industrie ne sera pas aidée, ou bien qu’elle le sera sous bénéfice d’inventaire ?
Le gouvernement est conscient de l’importance de la compétitivité de l’entreprise et du pays, c’est l’une de nos préoccupations majeures. Les discussions avec les industriels ont fait «le constat» de l’existant, et ont porté sur la manière de transformer les subventions en valeur ajoutée et en richesse nationale, tellement la corrélation entre la subvention et la production, comme les analyses l’ont montré, n’est pas établie. Et à ce titre, nous tenons à préciser que l’Etat est engagé à accompagner et à soutenir l’entreprise marocaine dans le cadre de l’ouverture et de la libre concurrence, et à préparer celle qui reçoit encore des subventions à la vérité des prix.

Quel est le coût des mesures de compensation en faveur des transporteurs, et quel gain budgétaire va générer l’indexation ?

On peut inverser la question : vu le contexte, quelles seraient les pertes si la décision n’avait pas été prise ? En termes de charge budgétaire, nous sommes à 7,3% de déficit, et rester sur cette tendance, c’est aller rapidement vers 8% ! Nous perdrions la confiance des instances internationales et de nos partenaires ; les IDE se feraient rares, les frais financiers à l’international seront plus élevés, la concurrence du marché de la dette nationale plus rude…