Incertitudes sur les 12 milliards de recettes de privatisation

Même avec des prévisions optimistes, elles atteindraient au maximum
10 milliards de DH.
Les 10% ou 15% de Maroc Telecom sur le marché en octobre.

Les hypothèses de recettes non fiscales sur lesquelles a été bâtie la Loi de finances pour 2004 tablent sur une rentrée de 12 milliards de dirhams au titre des privatisations. Comme le précise le rapport économique et financier accompagnant cette loi, ce montant correspond aux opérations d’ouverture de capital de Maroc Telecom et de la Banque centrale populaire (BCP).
A deux mois de la date annoncée (fin juin) pour l’introduction en Bourse de la BCP, et à six mois pour Maroc Telecom (octobre prochain), on peut se demander si, comme prévu, les 12 milliards de DH de recettes de privatisation vont être réalisés.
Pour la BCP, le dossier semble évoluer normalement. Le PDG de la banque, Noureddine Omary, est en tout cas formel : «Nous irons en Bourse au mois de juin», a-t-il déclaré à La Vie éco, en mars dernier. Upline Securities, qui pilote l’opération d’introduction en Bourse, a, de son côté, effectué un déplacement à Londres, il y a quelques jours, en vue de promouvoir la banque.

Possible revalorisation de l’action BCP

Reste que les 21 % du capital de la BCP à vendre en Bourse, par rapport à la recette globale attendue des privatisations, représentent peu de choses en vérité. Certes, les résultats de la banque, en 2003, sont très satisfaisants. D’ailleurs, le montant des dividendes s’est amélioré de 50 % par rapport à l’exercice précédent.
Ces données inciteront probablement le management à revaloriser l’action de la BCP, par rapport à ce qu’elle avait été en 2001/2002. Les estimations les plus probables tablent donc sur une rentrée de quelque 700 MDH.
Où va-t-on puiser les 11,3 milliards de dirhams manquants ? En principe, de la cession d’une partie du capital de Maroc Telecom. Tout le problème est là, sachant qu’on s’interroge encore sur la part du capital à céder en Bourse.
Du côté des officiels, on déclare ne pas connaître, à ce jour, la part exacte à mettre en Bourse (ce qui est tout de même curieux !), en précisant toutefois que, même disponible, on ne donnerait pas cette information.
Une source ministérielle croit savoir pourtant que, contrairement au chiffre de 16 % qui avait longtemps circulé, ce sont 10 % du capital qui seront vendus à la Bourse de Casablanca (la Loi de finances pour 2004 autorisant les grandes entreprises à s’introduire en Bourse avec moins de 20 % de leur capital). La même source ajoute que, pour donner plus de crédibilité à l’opération et, plus généralement, à l’image du pays, il sera également fait appel aux investisseurs étrangers.
Sur la base d’une valorisation de l’entreprise de l’ordre de 60 milliards de DH, la recette qui découlera de cette cession de 10% du capital sera donc de 6 milliards.
A ce compte, sauf à aller avec 15% du capital (soit 9 milliards de DH), comme d’autres encore l’avancent sous toute réserve, et auquel cas la recette de privatisation atteindrait 9,7 milliards de DH, on est bien loin des 12 milliards de DH prévus. Mais cela n’inquiète pas outre mesure le ministère des Finances