Incertitudes sur la reprise de la pêche au poulpe

Prévue pour le 15 décembre, elle pourrait être reportée si les conclusions de l’INRH sont défavorables.

Elle est annoncée pour le 15 décembre prochain, mais la reprise de la pêche au poulpe demeure conditionnée par les résultats de la sortie en mer du bateau de l’INRH (Institut national des recherches halieutiques). Au large depuis le 22 novembre, ce navire devra, à travers sa sortie exploratoire, déterminer la ponction qui peut être effectuée sur la biomasse et donc les quotas des différents segments de cette pêcherie : hauturière, côtière et artisanale. Réponse attendue le 12 décembre, soit trois jours seulement avant une reprise éventuelle.
L’incertitude pesant sur la reprise de la pêche est expliquée par le fait que les dernières conclusions de l’INRH n’étaient pas très encourageantes (voir La Vie éco du 5 novembre 2004). L’institut, sur la base de ces études, avait alors estimé que le stock reconstitué de poulpe était composé, à hauteur de 75%, de juvéniles. Il militait donc pour une reprise en janvier. Seulement, les professionnels ont insisté, eu égard à leurs difficultés financières, pour reprendre la pêche tout en s’engageant à regagner le port si les prises étaient catastrophiques.

Le secteur de la pêche côtière reste ciritique vis-à-vis du plan stratégique
Parallèlement, et pour éviter la reconduction des problèmes qui ont jalonné l’année 2003, le ministère des Pêches maritimes a remis, vendredi 19 novembre, un projet de réforme aux associations professionnelles pour que celles-ci puissent exprimer leurs points de vue. Ce projet de réforme prend appui sur le plan stratégique développé par l’ancien ministre Taïeb Rhafes.
Ce projet de réforme comporte trois volets. Tout d’abord, il est question d’alléger l’effort de pêche avec une réduction des barques artisanales de 5 000 à 2 500 unités, et de contenir la flotte des bateaux côtiers pouvant pêcher le poulpe à 100 unités. Le plan prévoit également l’augmentation de la taille du maillage à 70 millimètres, pour éviter la prise des juvéniles. Enfin, il fixe la zone de pêche au-delà de 12 miles pour tous les bateaux (pêche hauturière et côtière).
Les responsables de la pêche côtière sont les plus réticents à ce projet et demandent des amendements, dont un maillage de 60 millimètres au lieu de 70. Leur argument est que leurs navires sont de moindre puissance que ceux de la pêche hauturière. Ils veulent aussi que la liste des 100 bateaux côtiers pêchant le poulpe ne soit pas figée et préfèrent un système de roulement.
Quoi qu’il en soit, il apparaît de plus en plus que cette crise de la pêche au poulpe est plus globale qu’il n’y paraît. En effet, les unités de transformation de poisson autre que le poulpe, à Agadir, ont vu leur activité se contracter de 50% en 2004 par rapport à l’année dernière.