Immobilier professionnel : la demande reprend après une année 2010 morose

Depuis début 2011, le loyer des bureaux, surtout en centre-ville, a légèrement augmenté. A Casablanca et Rabat, le mètre carré se loue entre 80 DH et 250 DH hors taxes et hors frais. L’effet des nouvelles P2I et des zones logistiques dédiées est ressenti. Les entrepôts classiques pas très demandés.

Le marché de l’immobilier professionnel évolue en rangs dispersés. Le segment des bureaux enregistre depuis le début de l’année une légère hausse de la demande après le ralentissement de 2010. «La demande sur les bureaux est bien orientée avec la reprise des déménagements et des acquisitions de locaux par les entreprises», informe Karim Tazi, directeur général-adjoint du cabinet de conseil immobilier A.Lazrak. Cependant, les délais pour signer les contrats ont tendance à s’allonger. «Les clients prennent actuellement trois à huit mois pour se décider contre un à trois mois auparavant», assure William Simoncelli, DG de l’agence Carré Immobilier. C’est qu’ils sont plus exigeants sur les produits. «Les demandeurs sont de plus en plus  attentifs à la qualité, aux prestations, à l’aménagement et à la localisation des bureaux», confirme M. Tazi. Les prix, surtout, font l’objet d’une attention particulière. A Casablanca et Rabat (qui concentrent 80% du parc de bureaux, selon le DG de Carré Immobilier), le mètre carré brut se loue de 80 DH par mois hors taxes et hors frais, pour un immeuble moyen rénové en centre-ville, à 250 DH pour les actifs premium tels des locaux au Twin Center ou encore l’immeuble flambant neuf de Zurich sur l’avenue Zerktouni à Casablanca. Entre les deux bornes, un loyer au mètre carré autour de 100 DH par mois est pratiqué à la Colline et 160 DH sur les boulevards Anfa et Zerktouni.
Selon le DG-adjoint du cabinet A.Lazrak, le loyer actuel des bureaux est en légère hausse après une baisse moyenne de 15 à 20% en 2010. La bonification touche surtout les bureaux du centre-ville. Il faut dire que ces derniers connaissent un regain de la demande. En effet, «certaines professions libérales, face à la prédominance en périphérie de locaux d’une superficie excédant leur besoin, retournent vers des bureaux rénovés mais moins grands en centre-ville», explique M. Simoncelli. Le mouvement concerne, par exemple, Belvédère et Gauthier à Casablanca ou Hassan et l’Océan à Rabat. En outre, après l’euphorie qu’a connue l’offre de bureaux ces derniers mois avec l’arrivée de plusieurs opérateurs sur le segment, la production de ce type d’actif tend à se calmer. «Cela s’explique par le fait que les investisseurs qui s’étaient lancés dans l’immobilier professionnel de manière occasionnelle se réorientent à présent vers le logement social qui redevient attrayant», constate M. Tazi. En outre, les opérateurs attendent la commercialisation des nouvelles offres en bureaux, telle que la marina de Casablanca, pour pouvoir repositionner leur offre.

Les commerces modernes de plus en plus prisés

Pour ce qui est des commerces, «les zones modernes suscitent un intérêt grandissant» , souligne le DG de Carré Immobilier. Les transactions demeurent néanmoins réduites en raison d’une offre limitée de locaux. Les derniers chiffres du baromètre de l’immobilier élaboré par le Centre régional de l’investissement de Casablanca corroborent le déficit. Le besoin en locaux commerciaux pour la ville s’établit entre 350 000 et 370 000 mètres carrés pour les deux prochaines années. Les prix des loyers vont jusqu’à 500 DH par mois le mètre carré pour une implantation dans un centre commercial moderne tel le Mega Mall, à Rabat. Néanmoins, certains opérateurs jugent que le nouveau modèle des centres commerciaux modernes est en transition étant donné qu’il demeure beaucoup d’inconnues quant à sa viabilité économique.
S’agissant enfin des entrepôts, le rythme d’écoulement est au ralenti, à l’instar des bureaux. «Les entreprises continuent de temporiser avant de concrétiser leurs projets, en attendant la commercialisation des nouvelles offres sur les plateformes industrielles intégrées (P2I) et en zones logistiques dédiées», commente Karim Tazi. Les prix à la location démarrent actuellement à 30 DH le mètre carré (pour des entrepôts non gardés et isolés) et peuvent aller jusqu’à 55 DH le mètre carré. D’après les prévisions des professionnels, la commercialisation de la plateforme logistique de la Société nationale de transport et de logistique (SNTL) ainsi que les zones dédiées devraient tirer les prix à la baisse. Une décote de 10% est anticipée par les spécialistes.