Immobilier : le rythme de construction ne faiblit pas à  Casablanca !

Les demandes d’autorisations de construire maintiennent leur niveau depuis 2008 n Les nouveaux plans d’aménagement n’ont pas dynamisé jusqu’à  présent le marché du foncier, sauf au Mà¢arif. Les promoteurs parient sur une réorientation à  la hausse des prix dans le moyen et le haut standing.

Si Casablanca ne regorge plus de chantiers d’immeubles résidentiels comme cela a pu être le cas il y a quelques années, le rythme de construction n’est pas pour autant au point mort. Si l’on ne se base que sur les permis de construire accordés par l’Agence urbaine de la métropole en 2013, qui préfigurent les ouvertures de chantier sur l’année en cours, il n’y a même pas lieu de parler de ralentissement. En effet, ce sont plus de 6 600 demandes d’autorisation de construire qui ont été examinées par l’administration dont près des deux tiers, soit 4 300, ont reçu un avis conforme. Par rapport à 2012, ces chiffres sont en hausse puisque cette dernière année a enregistré un total de 6 100 demandes dont 3 675 ont été validées. Mais même en comparant à 2008, soit avant que l’on ne commence à parler de ralentissement au niveau du secteur immobilier, le rythme de construction actuel reste tout à fait correct. Ce sont tout au plus 4 700 projets qui avaient été validés durant cette dernière année par les services de l’Agence urbaine et ce volume s’est affiché à près de 4 000 en 2009 et 3 900 pour les deux années 2010 et 2011. «Si l’on a tout de même l’impression que la cadence de construction ralentit, c’est parce que le rythme de développement des projets actuellement dans le pipe est beaucoup plus lent», explique un promoteur immobilier à Casablanca.

En faisant un rapide tour des chantiers de la métropole il n’est pas rare effectivement de tomber sur des projets dont les autorisations ont été décrochées en 2011 et 2012 et qui pourtant semblent s’éterniser aux gros œuvres. Une lenteur de réalisation qu’une majorité de professionnels lient aux conditions des crédits aux promoteurs qui continuent d’être restrictives. Mais, parallèlement, on dénombre de nombreux chantiers qui avancent et qui devraient donner lieu à des livraisons à court et moyen termes.

Le foncier coûte jusqu’à 30000 DH/m2 à Hay Hassani

Il y a d’abord les résidences développées au sein de grands pôles dont les principaux sont Casa-Anfa à l’emplacement de l’ex-aéroport d’Anfa, Casablanca Marina dans la zone portuaire et le projet Sindibad aux abords du parc de même nom. Au niveau de Casa-Anfa d’abord, à ce jour, 155 appartements sont en cours de construction par la CGI. Au plus tard en septembre prochain, les travaux de 135 autres résidences devraient être lancés par Yasmine Immobilier sur un total programmé à terme de 450 unités. Cette première salve de 290 logements devrait être livrée en 2015 et 2016, selon le calendrier des développeurs. Vient ensuite Casablanca Marina au sein de laquelle 374 résidences sont en cours de construction et devraient être livrées entre l’été et fin 2014. S’agissant enfin de Sindibad, 258 logements sont actuellement en cours de construction et devraient être remis à leurs propriétaires au plus tard fin 2015.

En dehors de ces projets intégrés, il y a bien sûr les opérations lancées par les promoteurs sur du foncier de superficie généralement moyenne, éparpillé dans des zones déjà engagées. Les professionnels recensent des projets de haut standing en cours de construction essentiellement au niveau des quartiers Racine et les Hôpitaux. Des opérations dans le moyen standing se concentrent au niveau de Belvédère, Roches Noires ou encore Hay Hassani. Et l’on dénombre encore un ensemble de projets dans le logement social au niveau de Aïn Sebaa ou Sidi Bernoussi.

Il va sans dire que la grande difficulté pour les promoteurs spécialisés dans ce type de projets est le foncier qui reste rare et cher. Certes, sur les derniers mois les prix des terrains ont corrigé à la baisse dans certaines zones. «Plus personne ne demande 100 000 DH/m2 à Racine», illustre un promoteur immobilier. Mais le marché des terrains tourne toujours au ralenti et les tant attendus nouveaux plans d’aménagement n’y ont rien changé. Non pas que les nouveaux documents n’ont pas créé d’opportunités de développements, mais il se trouve que les propriétaires de terrains dans les zones concernées restent inflexibles sur des niveaux de prix déconnectés du marché. Exemple : le quartier Hay Hassani dans lequel les prix des terrains passés de zone villa à zone immeuble atteignent 30 000 DH/m2. «Un foncier acheté à ce prix débouche sur un produit final à commercialiser à 20 000 DH/m2. Or, il n’est pas acquis d’avoir des acheteurs à ce tarif dans le quartier», schématise un professionnel. Néanmoins, au niveau de certains secteurs les nouveaux documents d’urbanisme ont bien créé une effervescence. Il en est ainsi notamment du nouveau plan d’aménagement du Mâarif qui n’a même pas encore été homologué et qui a animé les ventes de parcelles dans la zone. «Des terrains cotés il y a quelque temps entre 8 000 et 10 000 DH ont pu être cédés ces dernières semaines jusqu’à 30 000 DH», témoigne un promoteur actif au niveau du secteur.

Un besoin de 20 000 logements de moyen standing

Cela dit, même si les conditions du marché semblent difficiles, entre un accès au crédit pour les acquéreurs plus difficile (au moins 3 mois pour décrocher un financement) et une concurrence accrue, les professionnels identifient encore des opportunités. Pour dire, ils sont nombreux à parier sur une hausse des prix du moyen et du haut standing à Casablanca au cours des prochains mois. «En raison d’une orientation d’une grande partie des promoteurs vers le logement social depuis 2012, les projets dans le moyen et le haut standing sont actuellement plus rares. Les programmes prêts à être livrés au cours des prochains mois pourraient donc connaître des hausses de prix», soutient un professionnel. Les chiffres confortent ces pronostics. Alors que les professionnels estiment le besoin en logements de moyen standing à 20 000 unités actuellement, seules 10 000 résidences du genre ont été autorisées en 2013. Mieux encore, pour le haut standing, sur lequel une demande de 3 000 résidences existe, seules 780 unités de ce genre ont été autorisées l’année passée.