Immobilier : Le projet Marchica Med est relancé

Les premières livraisons, initialement prévues pour 2014, sont repoussées à  2017. Les Cités d’Atalayoune et des Deux Mers et la restructuration de quartiers dans les villes avoisinantes sont les priorités de la société d’aménagement. D’ici à  2025, l’investissement total devrait s’élever à  49 milliards de DH.

On le croyait presque tombé dans les oubliettes mais voilà que le méga-projet d’aménagement de la lagune de Marchica, qui relie Beni Ansar à Kariat Arekmane en passant par Nador, refait parler de lui et ce, à l’occasion des «Journées environnement de Marchica» qui se tiennent sur la presqu’île d’Atalayoun, à la sortie ouest de Nador, jusqu’au 14 juin.

Annoncé en 2008, cet ambitieux projet d’aménagement urbain et touristique d’une zone de 19 000 hectares profite aujourd’hui de l’escale du MS Türanor PlanetSolar, plus grand bateau solaire au monde battant pavillon suisse, pour ancrer définitivement son destin dans le durable et surtout prouver qu’il est toujours à l’ordre du jour. La première phase de ce projet géré par l’Agence pour l’aménagement du site de la lagune de Marchica créée en 2010 a été clôturée avec la fin des travaux de dépollution du site.

Lancés entre 2006 et 2008, ceux-ci auront mobilisé un investissement de 1,5 milliard de DH, dont 400 millions dédiés à la construction d’une station de traitement des eaux usées. Une campagne de reboisement de près de 30 000 arbres a également permis au site de retrouver un peu de son cachet. Sur place, on peut déjà constater que la marina de la future Cité d’Atalayoune, portée par la filiale opérationnelle Marchica Med, est opérationnelle et que les premiers bâtiments de l’Académie de golf, située sur une ancienne décharge d’usine de lavage de minerai de fer, sont sortis de terre. En ce qui concerne le projet de parc ornithologique de 74 ha, «les travaux de terrassement sont finis», dit-on. D’ici un an, l’aménagement de ce site censé faire venir les passionnés de volatiles sera terminé.

Sur la longue liste de projets que comporte ce vaste programme d’aménagement de la lagune de Marchica figurent aussi deux hôtels de 5* sur la Cité d’Atalayoune. Le premier, mené en partenariat avec l’ONCF, est déjà en cours de construction et sera livré dans 2 ans.

Une convention de financement de 3 milliards de DH est en cours de signature

Les travaux du deuxième, qui sera géré par Atlas Hospitality, ne devraient pas tarder maintenant que le marché des fondations a été attribué. «En prenant conscience du contexte international et national de la crise qui s’installait, nous avons décidé de réviser, avec l’accord de notre Conseil d’administration, notre business plan. Nous avons donc pris 18 mois pour revoir notre vision», justifie Saïd Zarrou, DG de l’Agence pour l’aménagement de la lagune de Marchica et président du directoire de Marchica Med, pour expliquer le retard pris sur les premières annonces.

«Nous avons gelé le développement immobilier pendant 18 mois, le temps d’avoir une vision claire sur l’ensemble du territoire. Tout a repris début 2013», confie une source proche du dossier. «Maintenant que la phase de dépollution est terminée, nous allons pouvoir travailler sur la préparation des cités. Nous allons commencer à donner de la vie à la Cité d’Atalayoune avec des boutiques, des RIPT dont les travaux démarreront dans 3-4 mois pour une livraison environ 18 mois plus tard», poursuit notre interlocuteur.
Sur les prix, Marchica Med rassure. «En tant que société d’Etat, notre rentabilité sera moindre que celle d’une société privée. Nous tournons autour de 7 à 8% de taux de rentabilité interne. Nous serons donc autour de 30 à 40% moins chers que les opérateurs privés», précise la même source.

Pour rappel, Marchica Med a en charge le développement de 7 cités, dont la Cité d’Atalayoune, la Cité des Deux Mers et la Cité ONDA qui sont pour l’heure la priorité de la société avec la restructuration de plusieurs quartiers dans les villes de Beni Ansar, Nador et Kariat Arekmane. Pour accompagner cet agenda chargé, Marchica Med, détenue par l’Etat et le Fonds Hassan II, s’appuiera sur une convention de financement de 3 milliards de DH pour 2014-2020 concernant les infrastructures, actuellement en cours de signature par les différents ministères concernés, dont les Finances, l’Intérieur et l’Environnement. Sur l’ensemble du projet dirigé par l’agence, 60% sera développé par le privé et 40% par Marchica Med. Les années futures seront donc bien remplies pour les autorités concernées. 2014 devrait d’ores et déjà être marquée par le début de la commercialisation des premières unités de la Cité d’Atalayoune.

Pour le développement du privé, M. Zarrou espère pouvoir lancer des appels à manifestation d’intérêt à destination des promoteurs dès 2015, après accord du conseil d’administration. A terme, 49 milliards de DH devraient être investis pour développer une zone de 19 000 ha à l’horizon 2025.