Manque de visibilité sur le marché de l’immobilier

La profession dresse un bilan catastrophique du secteur. Les promoteurs souhaitent que l’Exécutif leur donne plus de visibilité.

Serait-ce la fin d’une époque pour la promotion immobilière au Maroc ? Les professionnels sont en tout cas portés à le croire. Lors d’une récente sortie médiatique virulente, la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI) est revenue sur plusieurs indicateurs révélateurs d’une dégradation inédite de la situation du secteur. Pour n’en retenir que l’essentiel, les mises en chantier, après avoir fortement chuté entre 2012 et 2013, passant de 419 000 à 234 000 unités (-44%), ne sont pas parvenues à retrouver le chemin de la croissance depuis. Les volumes d’unités initiées sur les trois dernières années sont les plus bas observés depuis dix ans. Sachant que les mises en chantier déterminent la tendance future de la production (logements achevés), il y a fort à parier que beaucoup moins d’unités devraient être livrées sur les prochaines années. Autre signal alarmant, jamais le nombre de bénéficiaires du crédit immobilier adossé à la garantie étatique (Fogarim) n’a été aussi bas. L’on devrait en effet se situer autour de 7 000 bénéficiaires en 2015, soit la moitié moins que l’année d’avant.

Des réunions jusque-là infructueuses

Des réunions entre les professionnels et l’Exécutif ainsi que différents partenaires, dont les banques, se sont succédé sur les derniers mois afin d’étudier des voies pour remettre la machine en marche. Mais ces échanges n’ayant pas été suivis d’actions concrètes, les opérateurs en sont aujourd’hui à s’interroger sur les réelles intentions des pouvoirs publics. «Est-ce qu’on estime que l’actuel modèle a fait son temps ?», se demande-t-on au sein de la FNPI. «Si tel est bien le cas, qu’on nous le dise clairement et qu’on se mette autour d’une table pour trouver des solutions de rechange», martèlent les opérateurs. «Il est vrai que des promoteurs ont commis certaines fautes et ont été à l’origine de dysfonctionnements», concède la fédération. Mais ces mêmes entreprises dotent le Maroc d’une industrie de l’habitat et de la construction et il s’agit de ne pas gâcher cet acquis, défend-on.