Le groupe Addoha séduit de nouveau les investisseurs

Depuis le début de l’année, son titre est devenu le plus liquide de la Bourse de Casablanca. Le cours de l’action s’est engagé sur une tendance haussière de fond avec un potentiel de croissance supplémentaire de 34% d’ici 2017.

En un peu plus d’un an, les choses ont changé du tout au tout pour le groupe Addoha. Le promoteur immobilier coté à la Bourse de Casablanca s’est refait une santé en redressant tous les indicateurs qui inquiétaient fortement le marché il y a encore peu. Même si le groupe a réalisé un exercice 2015 terne en termes de chiffre d’affaires et de profits, il faut surtout retenir que ses cash-flows ont repris du poil de la bête. C’est là l’indicateur le plus pertinent à analyser dans le contexte actuel du secteur de la promotion immobilière, selon les analystes d’Attijari Intermédiation qui ont publié ces derniers jours une note décortiquant le dynamisme du titre Addoha en bourse depuis début 2016.

En effet, les flux de trésorerie, devenus négatifs pour de nombreux promoteurs sur un horizon significatif, font courir d’importants risques. D’une part, cette situation empêche les entreprises de générer les ressources financières suffisantes pour se développer. D’autre part, elles sont régulièrement appelées à accroître leur dette, jusqu’au surendettement. Pour sa part, Addoha s’est mise hors de tout danger grâce à son Plan génération cash (PGC) lancé au début de l’année passée. Celui-ci a permis au promoteur de collecter 10 milliards de DH de cash en 2015, ce à quoi s’ajoutent 2,1 milliards de DH drainés sur le premier trimestre 2016. Il faut dire que le groupe dispose d’un actif économique de qualité, «notamment le bon positionnement de ses projets immobiliers, son exposition sur le segment social et le faible risque de ses créances clients», ainsi que l’énumèrent les analystes d’Attijari Intermédiation. A ce titre, notons qu’Addoha a procédé à la prévente de 2 700 unités au premier trimestre 2016, dont plus de 50% de stocks de produits finis, contre un objectif initial de 2 780 logements, soit un taux de réalisation de 97%. Notons aussi au passage que l’opérateur se montre nettement moins gourmand en matière d’acquisition du foncier. Sur les trois premiers mois de 2016 il n’a consommé que 16% de son budget annuel dédié à cet usage. Seulement 48 MDH ont été déboursés pour réaliser des extensions de projets sur l’axe dynamique Casablanca-Rabat.

Un taux d’endettement ramené à 58%

Pour mener sa restructuration à son terme, l’autre enjeu pour le groupe consiste à se désendetter et à assainir son bilan afin de mieux entamer le prochain cycle de croissance. Et là encore les choses sont bien menées. Le promoteur avait déjà réussi à comprimer sa dette de 1,8 milliard de DH en 2015. Et il l’a encore réduite de 465 MDH sur le premier quart de 2016 (contre un objectif de 375 MDH). L’opérateur a ainsi pu ramener son endettement net à un peu plus de 7 milliards de DH, soit 58% des capitaux propres, à comparer avec un niveau de 80% atteint fin 2014. Pour la suite, les analystes d’Attijari Intermédiation se montrent confiants dans la capacité du groupe à parvenir à tous les objectifs de son plan qui se prolonge jusqu’en 2017. Tout ceci n’augure que du bon pour l’action Addoha. Celle-ci devrait voir sa valeur progresser de 34% pour passer de 39 DH actuellement à 52 DH dans le courant de l’année prochaine, selon les pronostics des analystes. Une hausse qui devrait se réaliser graduellement, parallèlement «au retour de confiance de la part des investisseurs au fur et à mesure de l’avancement du PGC», justifie-t-on au sein de Attijari Intermédiation. A ce titre, Addoha devrait en donner des nouvelles au moyen de six publications trimestrielles à venir, ainsi que s’y est engagé le promoteur.

A vrai dire, le marché a flairé le bon filon depuis quelques mois déjà, comme en atteste le volume transactionnel quotidien du titre qui atteint 11 MDH depuis le début de l’année, ce qui fait d’Addoha la valeur la plus liquide de la cote sur la période. Le revers de ce fort engouement est que le titre a été soumis aux spéculations et, par conséquent, à une volatilité relativement élevée.

Les spéculateurs ont dopé passagèrement le cours

Pour récapituler la situation, l’action a entamé l’année sur une tendance haussière de fond avec une appréciation de 38%, passant de 24 DH à 33 DH à la mi-janvier. Cela a concordé avec l’annonce des réalisations positives du PGC à fin 2015. Celles-ci ont suscité un regain d’intérêt des investisseurs pour le titre qui s’échangeait a fortiori à ses plus bas niveaux historiques. Mais, ensuite, les investisseurs court-termistes sont entrés en scène, entraînant une hausse du titre de 15% à 40 DH en seulement 12 séances. Selon la lecture de la société de bourse d’Attijariwafa bank, cette hausse «excessive» est à lier au retard de la publication des résultats annuels 2015 du groupe qui a créé un terrain fertile aux rumeurs et aux spéculations faisant état de réalisations 2015 trop optimistes, selon les analystes. Et malgré la publication des résultats annuels globalement en ligne avec le PGC, le titre a connu une correction sévère de 10,4% en seulement 5 séances. C’est à ce moment que les investisseurs court-termistes qui anticipaient un super-profit se sont désengagés en masse. Cette sortie, couplée aux réalisations satisfaisantes du PGC au 1er trimestre 2016, ont enfin permis à la valeur de renouer avec sa tendance haussière de fond qui lui permettra de franchir de nouveaux paliers de hausse sur les mois à venir.