Le contrat de performance de l’industrie des matériaux de construction sera signé en décembre

La convention engage le secteur à développer son chiffre d’affaires de 28% pour atteindre 47 milliards de DH à l’horizon 2020, créer 29 100 emplois et augmenter sa balance commerciale de 3,5 milliards de DH.

Les fabricants de matériaux de construction adhèrent aux écosystèmes initiés par le ministère de l’industrie. Réunis sous la bannière de leur fédération (FMC), ils s’apprêtent à signer avec le département de My Hafid Elalamy un contrat de performance dans le cadre du Plan d’accélération industrielle (PAI). L’annonce en a été faite lors de la 16e convention de l’Association professionnelle des cimentiers (APC) tenue en milieu de semaine à Skhirat qui, une fois n’est pas coutume, rassemblait, au-delà des fabricants de ciments, toutes les principales industries des matériaux de construction.

La signature du contrat devait à vrai dire intervenir ce jeudi 19 novembre, mais elle a été reportée pour la mi-décembre en raison de changements de dernière minute visant à élargir la portée de l’accord, apprend-on de sources proches du dossier. Dans leurs plans initiaux, le ministère de l’industrie et la FMC ne devaient entériner qu’une convention transversale couvrant tout le secteur. Décision a été prise par la suite de mettre en place des conventions spécifiques pour pouvoir traiter finement les besoins de certaines filières.

Une structure d’animation des écosystèmes sera logée au sein de la FMC

Ces contrats spéciaux devraient être paraphés pour l’heure avec les présidents des associations du béton préfabriqué, l’acier, le marbre et la céramique ainsi qu’avec une filière à créer de la valorisation énergétique des déchets ménagers. Au-delà de ces filières, il est évident que bien d’autres (plâtre, briques, béton prêt à l’emploi…) ont des besoins d’accompagnement spéciaux (optimisation, industrialisation, stimulation de la demande, compétitivité à l’export et vis-à-vis des importations…) et pourraient être traitées progressivement.

Concrètement, le contrat de performance entre le ministère de l’industrie (comprenant aussi Maroc PME, Maroc Export et l’AMDI) et les fabricants de matériaux de construction consiste en un accord qui engage l’une et l’autre parties sur un ensemble d’actions devant relancer le secteur dans l’immédiat et en assurer le développement pérenne à plus long terme. D’une part, les opérateurs devront créer, à l’horizon 2020, 29 100 emplois dont 17 100 directs, sachant que le secteur procure actuellement 26 000 emplois directs formels. Ils sont également tenus de développer leur chiffre d’affaires de 10,4 milliards de DH, soit 28% de plus que les 37 milliards de DH générés actuellement. Et ils doivent faire croître la balance commerciale de l’industrie de 3,5 milliards de DH, sachant que l’on parle aujourd’hui d’un déficit de 4,8 milliards de DH.

Pour sa part, le ministère promet des mesures d’appui touchant entre autres l’amélioration des normes et du contrôle, les dispositifs entourant la commande publique, les cellules antidumping, l’accès aux carrières… A côté de cela, il s’agit aussi de mettre sur la table un ensemble de moyens matériels. Il est d’abord question de former 16 100 profils répondant aux besoins par filière, région… Ensuite, le département de l’industrie promet de mettre à la disposition des écosystèmes des matériaux de construction 210 ha de foncier proposés en locatif et répartis sur plusieurs régions. Enfin, engagement est pris d’injecter des moyens financiers pour appuyer l’investissement. Une enveloppe de 750 MDH devrait être débloquée pour développer une offre locomotive, favoriser l’agrégation au sein des secteurs, conduire des études… Ces fonds serviront aussi à entretenir une structure de suivi et d’animation des écosystèmes. Un soin particulier est accordé à ce dernier volet et le souci du ministère est d’y impliquer activement les professionnels. Et c’est à dessein que la structure d’animation des écosystèmes est logée au sein de la FMC avec un budget de fonctionnement de 3 MDH la première année et dégressif les années suivantes. Cette équipe dédiée s’occupera d’orchestrer et de suivre l’exécution des mesures, de faciliter les démarches administratives et le lien avec les agences de l’Etat. Elle veillera enfin à établir des connexions et à coordonner l’intervention des différentes parties prenantes tout en impulsant les partenariats entre entreprises.

Un méga écosystème de la construction à l’étude

Les mesures du contrat de performance telles qu’elles ont été chiffrées et paramétrées sont le fruit d’un travail de fond accompli depuis le début de l’année par un cabinet spécialisé. Celui-ci a réalisé dans un premier temps un diagnostic des filières et a calibré les enjeux. Plus de 60 entretiens avec différents acteurs ont été réalisés à cet effet. Ensuite, des programmes de développement spécifiques ont été définis pour des filières priorisées dans le cadre d’ateliers de réflexion stratégique.

Par ailleurs, les écosystèmes des matériaux de construction sont avancés comme un prélude à un écosystème plus vaste, impliquant les différents secteurs de la construction et du BTP. Une piste envisagée pour relancer tout ce pan de l’économie, deuxième pourvoyeur d’emplois à l’échelle nationale, et qui pourrait créer 200 000 emplois supplémentaires d’ici 2030 à travers la production de matériaux, la construction de logements et d’infrastructures, en passant par les entreprises de mise en œuvre.