Immobilier : Keller Williams s’invite au Maroc dans un contexte de morosité

KW Morocco propose une nouvelle approche du métier d’agent immobilier. Cette agence se positionne aussi bien sur le résidentiel que le professionnel, le tertiaire et l’industriel. Ses locaux sont des market centers abritant des salles de formation, des espaces d’accueil des clients..

Le secteur immobilier peine à se redresser. Un constat qui dure depuis plusieurs années et qui affecte aussi bien l’activité des promoteurs que des notaires et des agents immobiliers. Ces derniers souffrent encore plus de cette situation du fait de l’anarchie (informel, absence de réglementation…). D’ailleurs, sur ces dernières années, plusieurs agences immobilières ont mis la clé sous la porte. Illustration des difficultés actuelles, le courtier en prêts immobiliers meilleurtaux a fermé ses portes récemment. En 2016, c’était l’agence immobilière Century21 qui baissait les rideaux.

C’est dans ce contexte peu favorable que Keller Williams, une autre agence de taille mondiale, prend pied au Maroc. «En fait, l’installation de KW Morocco répond à une suite logique. Nous avons lancé Makan Real Estate, une société de conseil et de développement stratégique de projets immobiliers en 2017 et avons connu une réussite dès les premiers mois. Nous nous sommes rendu compte, par la suite, que nous avions besoin d’une force de vente compétente, formée, pouvant fournir un accompagnement et un service de haute qualité. Ce cheminement nous a menés à devenir Master franchisé Keller Williams au Maroc», explique Youssef Mansour, regional operating principal.

Objectif : 1 000 agents dans tout le Maroc

Le nouvel opérateur ne se veut pas une simple agence immobilière, mais un market center multispécialiste. En d’autres termes, l’agence intervient dans le résidentiel, le professionnel, le tertiaire ainsi que l’industriel. Le market center de Casablanca est étalé sur une superficie de 400 m2 et compte 3 espaces distincts : un espace Co Working dédié aux agents avec tout le matériel et les outils nécessaires afin de mener à bien leurs missions ; des bureaux fermés pour la réception des clients et une salle de formation. Il faut dire que la formation des agents immobiliers est le cheval de bataille de KW Morocco mais aussi sa force. «Grace à des programmes de formations métier, des sessions de coaching personnalisés et à la technologie Keller Williams, nos associés (nos agents) seront en mesure de délivrer une expérience client à la hauteur des standards internationaux», ajoute M.Mansour.

Actuellement, l’équipe compte 7 personnes et l’ambition est d’atteindre 100 agents à Casablanca et 1000 dans tout le Maroc. Pour cela, KW Morocco compte ouvrir plusieurs market centers aussi bien à Casablanca qu’à Tanger, Rabat et Marrakech et prévoit, aussi, de devenir le premier réseau d’agents immobiliers au Maroc. Une ambition qui reste difficile à réaliser vu les milliers d’intermédiaires non structurés et informels que compte le pays. C’est justement sur ce point que compte se démarquer l’opérateur. Selon M.Mansour, «le métier d’agent immobilier professionnel n’est pas valorisé et ses honoraires sont plus perçus comme un lourd coût qu’un prix lié à une prestation. Notre objectif est donc de changer la perception des gens vis-à-vis des agents immobiliers et ancrer dans les esprits le rôle d’accompagnateur et de régulateur du marché également».

Expérience américaine

L’implantation de KW Morocco démontre que le secteur des agents immobiliers se professionnalise et que le marché immobilier recèle toujours des opportunités d’affaires. Encore faut-il que la réglementation de la profession suive. Rappelons que le projet de loi qui a été élaboré par l’AMAI (Association marocaine des agents immobiliers), en collaboration avec le ministère de l’habitat, en est toujours à sa phase initiale, depuis presque 5 ans. Mohammed Lahlou, président de l’AMAI, accueille l’implantation de Keller Williams Morocco avec ferveur. «Nous souhaitons l’adhésion de KW Morocco à notre association, pour tirer profit de l’expérience américaine d’un côté, mais aussi pour constituer une force de frappe en vue d’inciter le législateur à réglementer l’activité», espère-t-il.